Toulouse: Cinq choses à savoir sur le gros lot des parkings qui est remis en jeu

SOCIETE La mairie va concéder l'exploitation de plus de 3.000 places de stationnement pour 20 ans de plus. Le lauréat devra aussi construire un nouveau parking en haut des allées Jean-Jaurès...

Hélène Ménal

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Parking Vinci Place du Capitole. Toulouse, FRANCE-27/06/13
Parking Vinci Place du Capitole. Toulouse, FRANCE-27/06/13 — Fred.Scheiber

Toulouse Métropole vient de lancer une procédure pour reconduire la concession de quatre parkings toulousains, actuellement exploités par Vinci. C'est l'option du tir groupé qui a été choisie, avec un gros contrat à la clé pour appâter les géants européens du stationnement.

1 - Les parkings existants concernés

Cette nouvelle délégation de service public (DSP) porte sur près de 3.000 des 7.350 places en ouvrage de Toulouse. Les parkings concernés sont ceux des Carmes (565 places, fin de contrat en février 2016), de Victor-Hugo (670 places, février 2016), Jean-Jaurès (1.310 places, mai 2018), et Saint-Etienne (446 places, septembre 2019). Ils représentent à eux quatre 60 % de la fréquentation des parkings toulousains et 52 % de leur chiffre d'affaires.

2 - Un nouveau parking à construire

Le lauréat, choisi pour 20 ans, devra aussi construire un parking de 400 places en haut des allées Jean-Jaurès ou étendre celui qui existe déjà. Ce nouveau parking doit permettre d'anticiper la mutation du quartier de la gare. Sa construction est estimée à 12 millions d'euros, à la charge du délégataire. Le contrat comporte d'autres bonus. Notamment l'exploitation du parking Marengo, assez peu fréquenté, et que l'équipe municipale précédente avait choisi de reprendre en régie directe. La corbeille comprend aussi le (ou les) parking(s) du nouvel écoquartier de la Cartoucherie.

3 - Ce que ça pourrait rapporter

L’heureux élu sera connu à la fin de l'année. Pierre Trautmann, adjoint en charge des délégations, est prudent sur les négociations à venir. Toulouse Métropole peut choisir d'exiger un droit d'entrée et/ou une redevance annuelle, ou encore une soulte. Mais on sait que l'argent espéré servira au financement de la 3e ligne de métro promise par le nouveau maire, Jean-Luc Moudenc (UMP). Dans un document de campagne, il estimait que la remise en concession des quatre parkings du contrat, et de celui du Capitole (qui doit être renégocié en 2026), rapporterait 100 millions d'euros à la Ville.

4 - Une opposition sceptique

Le choix renouvelé d'une gestion privée fait grincer des dents dans les rangs de l'opposition. «Faire un même lot, cela s’appelle créer un monopole privé!», critique Joël Carreiras (PS), chargé des Transports dans l'équipe précédente. Il estime que se lier pour vingt ans à un opérateur prive la mairie de sa capacité politique d'agir sur l'espace public en centre-ville.

5 - D'autres parkings?

Le projet urbain de l'architecte Joan Busquets prévoit grosso modo la suppression de 1.500 places de stationnement en surface. Le parking «Jean-Jaurès bis» est présenté comme une compensation. «Pour la suite, on ne s'interdit rien, indique Jean-Michel Lattes (UDI), l'adjoint aux Transports. Si nous constatons des besoins, nous créerons de nouvelles capacités».