Stade Toulousain: Les trois raisons d’un déclin

RUGBY L’ancien maître du rugby français et européen rentre peu à peu dans le rang…

Nicolas Stival

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Les joueurs du Stade Toulousain lors de la lourde défaite concédée à domicile contre les Anglais de Bath (18-35), le 18 janvier 2015 en Coupe d'Europe de rugby.
Les joueurs du Stade Toulousain lors de la lourde défaite concédée à domicile contre les Anglais de Bath (18-35), le 18 janvier 2015 en Coupe d'Europe de rugby. — SIPA

Une septième place du Top 14 et une élimination précoce en Coupe d’Europe, dès les phases de poule. Pour l’heure, cette saison confirme le déclin du Stade Toulousain depuis son dernier titre, le Bouclier de Brennus 2012.

Le plus beau palmarès du continent, récemment secoué par des turbulences internes, pourrait rater les phases finales du championnat s’il ne réagit pas. Ce serait un cataclysme pour un club qui a déjà manqué les demies l'an dernier, après 20 participations d'affilée.

Des concurrents en progression

Aujourd’hui, le cador du rugby français et européen joue toujours en Rouge et Noir. Mais il s’appelle désormais Toulon. Le RCT a disputé les quatre dernières finales du Top 14 et de Coupe d’Europe, et en a remporté trois.

Derrière le club varois, un autre «nouveau riche» (le Racing-Métro 92), une valeur sûre (Clermont), un revenant (le Stade Français) et un ambitieux astucieux (Bordeaux-Bègles) poussent fort. Longtemps en avance sur la concurrence, notamment sur le plan financier, le Stade Toulousain a désormais (au moins) un coup de retard.

Un recrutement décevant

Tialata, Flood, Palisson, Flynn, Harinordoquy. Voici les cinq recrues de l’été 2014. Hormis Harinordoquy, voire Flynn, on ne peut pas dire que ces joueurs aient apporté une plus-value. Pas plus que Vermaak, Botha ou Ralepelle arrivés peu auparavant.

Le Stade a voulu engager «des joueurs qui ne sont pas internationaux ou qui l'ont été et qui ne le sont plus» (dixit l'emblématique manager général Guy Novès), pour éviter les doublons  XV de France – Top 14. Comme Toulon, mais en moins bien.

Une mêlée et un jeu qui ne font plus peur

«Jeux de mains, jeux de Toulousains». Arboré avec fierté sur leurs t-shirts par les supporters, le slogan a longtemps évoqué le rugby flamboyant développé par le Stade lors des belles années. Pourtant, les Rouge et Noir ont d’abord bâti leurs succès sur un pack de fer, au travail récompensé par un buteur fiable. Désormais, la mêlée toulousaine n’effraie plus grand monde. L’équipe cafouille presque autant de ballons qu’elle en bonifie.

La défense tenait encore à peu près la route avant les deux derniers matchs de Coupe d’Europe, perdus contre les Anglais de Bath (18-35) puis à Montpellier (27-26). Entre blessures et méforme, certains cadres (Clerc, Médard, Fritz, Lamboley…) sont loin de leur meilleur niveau, et les choix de l’encadrement semblent parfois surprenants. Le Stade peut encore rêver d’un 20e titre de champion de France. Mais il n’est plus un favori naturel.