Midi-Pyrénées: Le maire de Rodez critique l'organisation de la primaire PS pour les régionales

ELECTIONS «Tout a été fait pour [la] verrouiller», selon Christian Teyssèdre, candidat à l'investiture PS. Selon lui, l'élection interne ferait le jeu de Carole Delga, la secrétaire d'Etat au Commerce...

Beatrice Colin

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Toulouse, le 27 janvier 2015 - Le maire PS de Rodez, Christian Teyssèdre, est candidat à l'investiture PS pour être tête de file aux prochaines élections régionales
Toulouse, le 27 janvier 2015 - Le maire PS de Rodez, Christian Teyssèdre, est candidat à l'investiture PS pour être tête de file aux prochaines élections régionales — Beatrice Colin

«Ma candidature n'est pas téléguidée par Paris.» La profession de foi envoyée par Christian Teyssèdre aux militants socialistes de Midi-Pyrénées et Languedoc-Roussillon tranche dans le vif, sans détour.

Candidat à la primaire socialiste pour mener la tête de liste aux régionales de décembre prochain, le maire de Rodez, actuel vice-président du conseil régional Midi-Pyrénées, est peu amène avec les instances fédérales de son parti qui ont, selon lui, «verrouillé cette élection». Le 5 février, il devra affronter Carole Delga, l'actuelle secrétaire d'Etat au Commerce, dans les urnes des treize fédérations départementales PS de la future région.

«Ne pas nationaliser l'élection»

Cette dernière a annoncé qu'elle formait un «binôme» avec le président sortant du conseil régional de Languedoc-Roussillon pour ces élections, espérant assurer la succession de Martin Malvy qui, à 79 ans, n'a pas souhaité repartir. Face à ce duo, Christian Teyssèdre fait un peu l'effet d'un David face à Goliath.

«Il y a une candidate ministre et un calendrier très restreint, avec seulement 10 jours de campagne, pour que la stratégie de verrouillage fonctionne. Je ne comprends pas cette volonté de nationaliser cette élection alors qu'au contraire il faut la régionaliser», relève Christian Teyssèdre qui avoue avoir peiné pour organiser ses réunions de campagne.

Ministres et régionales

Un timing qui avait déjà été dénoncé par des candidats potentiels, comme le président du conseil général du Gers Philippe Martin, ou la députée de Haute-Garonne Monique Iborra. Un des regrets du maire de Rodez est de n'avoir d'ailleurs qu'une seule concurrente, et pas de candidat issu du Languedoc-Roussillon.

Et pour couper l'herbe sous le pied de sa rivale, il n'oublie pas de rappeler «qu'aucun ministre n'a réussi à gagner une élection régionale, que ce soit en 2010, 2004 mais même en 1992 Lionel Jospin avait réalisé seulement 23%.» Faisant valoir au passage sa légitimité après avoir «gagné en 2008 la ville la plus à droite de Midi-Pyrénées».