Cancer du pancréas: L'Inserm de Toulouse s'apprête à tester un virus modifié

SANTÉ Une équipe de chercheurs toulousains vient d'avoir des résultats suscitant l'espoir pour un traitement de ce cancer...

Beatrice Colin

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Salle de culture au sein de l'INSERM.
Salle de culture au sein de l'INSERM. — FrŽdŽric Scheiber/20MINUTES

Il a emporté Steve Jobs et plus récemment Framboisier. Le cancer du pancréas est un fléau qui enregistre chaque année 12.000 nouveaux cas en France. Et seulement 2% d’entre eux ont des chances de survie après 5 ans.

La moindre avancée thérapeutique suscite donc de nombreux espoirs. Et c’est le cas des résultats obtenus récemment par une équipe toulousaine de l’Inserm grâce à un virus dérivé d’Herpès.

Test probant sur des souris

Il y a un peu moins de cinq ans, une start-up, détentrice d’une licence sur le virus dérivé d’Herpès simplex, demande à l’équipe toulousaine de le tester. Utiliser un virus pour lutter contre des cancers n’est pas une première. Des tests ont ainsi déjà été réalisés dans des cas de cancer du foie et ont fait leurs preuves.

«Nous avons donc commencé par faire des tests in vitro, nous nous sommes rendus que cela marchait bien, que nous arrivions à tuer les cellules cancéreuses du pancréas. Nous avons ensuite traité les tumeurs greffées à des souris. Le fait de combiner l’injection du virus avec de la chimiothérapie a permis de les réduire», explique Pierre Cordelier, directeur de recherche en cancérologie à l’Oncopole de Toulouse.

Essai clinique à venir

Un résultat qui, s’il se confirmait sur des patients, leur permettrait alors d’avoir recours à la chirurgie. «Car il y a beaucoup de personnes qui ne peuvent pas se faire opérer, ils sont seulement 20 % à l’être au moment du diagnostic», poursuit le chercheur. Pour ce dernier, «si tous les feux sont au vert», l’essai clinique pourrait débuter au mieux dans deux ans.

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