Toulouse: «Nous sommes tous des Charlie, comme hier nous étions tous des enfants d'Ozar Hatorah»

ATTAQUE CHARLIE HEBDO Des Toulousains de tous âges et toutes confessions ont tenu à manifester contre les actes barbares perpétrés mercredi...

Béatrice Colin

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Sur la place du capitole, jeudi midi. Lancer le diaporama
Sur la place du capitole, jeudi midi. — AFP

Une foule silencieuse, soudain des applaudissements suivis de La Marseillaise entonnée en douceur. Des milliers de Toulousains s'étaient à nouveau donné rendez-vous ce jeudi pour observer une minute de silence en hommage aux victimes de l'attentat contre Charlie Hebdo.

Comme ils l'avaient fait il y a presque trois ans, lors des attentats perpétrés par Mohamed Merah. «Ce qui s'est passé rouvre les mêmes plaies. Aujourd'hui nous sommes tous des Charlie, comme hier nous étions tous des enfants d'Ozar Hatorah ou des militaires de Montauban. Il faut combattre tous les extrêmes et pour cela le dialogue est un rempart», espère Salomon Attia au milieu des manifestants.

Aux lendemains des tueries de mars 2012, il avait créé avec d'autres Toulousains juifs,  musulmans et d'autres confessions un collectif de citoyens. Mercredi soir il était d'ailleurs au stade des Izards pour parler avec les jeunes de valeurs républicaines et de vivre ensemble.

De toutes générations, de toutes confessions

A quelques mètres, Guy et Catherine brandissent émus la pancarte réalisée par leur petit-fils, fruit d'un métissage où il est écrit «nous sommes une famille Charlie Hebdo». «C'est ignoble, c'est une insulte à l'intelligence. Ce ne sont pas douze personnes qu'ils ont tuées, mais 200 ans de lutte. Nous sommes ici tous une grande famille inspirée par les Lumières», avance Guy qui se dit prêt à revenir tous les jours s'il le faut et qui se refuse à tous les amalgames.

 

Guy et Catherine, deux Toulousains, venus dire "Nous sommes une famille Charlie Hebdo". - B. C. / 20 Minutes

 

Une liberté chérit par toutes les générations. Sybille, 18 ans, a dessiné sur une robe qu'elle a accrochée aux grilles du Capitole «Vous n'avez pas tué Charlie vous l'avez rendu immortel». «C'était très important d'être là pour soutenir la liberté d'expression», explique l'étudiante.

A côté d'elle, une jeune femme voilée dépose un cierge. « Notre religion n'a jamais dit de tuer. Ce qui a été fait nous salit, c'est nous les musulmans les premiers touchés », déplore Asma. Cette Toulousaine espère que les mosquées vont s'emparer de la question, «que les imams vont sensibiliser les jeunes».

Au Capitole, Asma dépose une bougie. - B. C. / 20 Minutes

Et c'est bien ce que compte faire l'imam de la mosquée Es-Salam, à la Reynerie. Présent au Capitole pour la minute de silence et pour montrer «sa solidarité et son indignation», Mustafa Sghir compte bien rappeler dans son prêche de vendredi les valeurs de l'Islam. 

«Dieu nous a créés pour vivre ensemble», rappelle le religieux qui assure qu'il «fera tout ce qui est nécessaire pour ramener à la raison» ceux qui s'égarent.

Abdellatif Mellouki, vice-président du conseil régional du culte musulman. - B. C. / 20 Minutes

Dans son sillage, Abdellatif Mellouki, le vice-président du conseil régional du culte musulman explique «que les musulmans ne sont pas comptables de ce que font ces gens-là». Et d'ajouter: «Mais nous jouerons notre rôle contre tous les extrémismes, nous allons rester mobiliser, nous ne lâcherons pas le morceau».