Toulouse: Les Chinois parlent aux salariés de l'aéroport et les riverains déposent un recours

économie Les futurs actionnaires chinois rencontrent les salariés de l'aéroport ce mardi tandis que les riverains s'associent à un recours contre la procédure de privatisation. Le point sur le dossier...

H. M. ET B. C.
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L'aéroport Toulouse-Blagnac voit transiter 7,5 millions de passagers par an.
L'aéroport Toulouse-Blagnac voit transiter 7,5 millions de passagers par an. — SIPA

Acheteurs «pressentis». Voilà le nouveau terme consacré, de Bercy à Toulouse, pour désigner les acquéreurs chinois du consortium Symbiose en passe d'acquérir 49,99% du capital de l'aéroport Toulouse-Blagnac. Des éléments de langages très diplomatiques  alors que le dossier vit des moments charnières.

Les Chinois devant les salariés

Les acquéreurs pressentis donc vont devoir faire assaut de pédagogie. C'est ce mardi qu'ils sont attendus devant le Comité d'entreprise de l'aéroport, passage obligé pour l'avancée du dossier. Les visiteurs vont exposer aux représentants du personnel leur projet pour la plateforme. Le CE aura ensuite deux mois maximum pour se prononcer mais son avis n'est que consultatif.

Un recours déposé mercredi, notamment par les riverains

Ce mercredi, l'avocat parisiano-toulousain Christophe Lèguevaques doit déposer un recours contre la procédure devant le Conseil d'Etat. Le nom de ses clients sera dévoilé mercredi mais les riverains du Collectif contre les Nuisances aériennes de l'agglomération toulousaine annoncent d'ores et déjà qu'ils en seront. «Nous soutenons la procédure en référé suspensif afin que les plus hautes instances administratives de l'Etat puissent donner du temps au temps dans cette privatisation opaque», indique sa présidente, Chantal Beer-Demander. «Nous avons également décidé de suivre Me Lèguevaques dans sa procédure de recours pour excès de pouvoir afin que soient défendus la santé, la sécurité et l'environnement des riverains», ajoute-t-elle.

Une alliance d'investisseurs locaux

A la veille de l'annonce de sa victoire, le consortium Symbiose avait donné des gages aux acteurs locaux en glissant qu'il était prêt à revendre 16% de ses 49,99%. Parmi les éventuels acquéreurs, une alliance objective vient de se nouer entre la Chambre de commerce et d'industrie de Toulouse (25% des parts de l'aéroport) et Wiseed, la plateforme toulousaine de financement participatif qui a déjà engrangé 18 millions de promesses d'achat citoyennes. Du coup, Wiseed annonce qu'elle va lancer sa souscription mi-janvier. Objectif: réunir 25 millions d'euros.

Le spectre du deuxième aéroport

Les actionnaires chinois ambitionneraient de faire transiter 20 millions de passagers par la Ville rose à l'horizon 2030, contre 7,5 millions aujourd'hui. Beaucoup de spécialistes considèrent qu'il est impossible d'atteindre cet objectif dans la configuration de l'aéroport. Parmi eux, Gilles Broquère, maire de Fenouillet et retraité de la Direction générale de l'aviation civile.

«L'aéroport actuel sera saturé à 13 millions de passagers par an (...) peut-être même avant en termes de nuisances environnementales, explique l'élu. Si les prévisions de trafic se confirment, il me semblera alors légitime et nécessaire de rouvrir le dossier de second aéroport, de sa localisation et des réserves foncières à envisager», plaide Gilles Broquère. Il ne crie pas pour autant haro sur les Chinois, et considère que cette cession «est une chance pour notre territoire».