Djihadistes présumés: Des interpellations à Toulouse et Graulhet

SOCIETE La section antiterroriste a opéré à Croix-Daurade, aux Pradettes et à la Reynerie...

H.M. avec AFP
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Un des suspects a été interpellé dans le quartier de Crins à Graulhet
Un des suspects a été interpellé dans le quartier de Crins à Graulhet — AFP

Les services antiterroristes ont démantelé ce lundi une filière d'acheminement vers la Syrie de candidats au djihad. Ils ont procédé à une dizaine d'arrestations dont quatre en Midi-Pyrénées, trois hommes et une femme. Selon France 3 Midi-Pyrénées, les interpellés toulousains ont été arrêtés à Croix-Daurade, aux Pradettes et à La Reynerie.

Parmi eux figurent deux frères de 26 et 21 ans, l'un arrêté dans la Ville rose, l'autre au domicile familial du quartier de Crins, à Graulhet dans le Tarn. Interrogée, leur mère a assuré qu'ils n'étaient pas islamistes. «On est contre le djihad, aller en Syrie, tout ça! Si les autres ont sali l'islam, ce n'est pas nous!», a-t-elle expliqué.

Quatre détenus entendus

Quatre individus actuellement en détention provisoire dans des maisons d'arrêt de Montauban et Albi ont aussi été extraits lundi de leurs cellules pour être entendus à Toulouse. Ils ont été arrêtés en décembre 2013 dans le cadre d'une enquête portant sur une série de vols à main armée dans l'agglomération toulousaine.

Les enquêteurs se demandent notamment si le butin de ces attaques aurait pu financer le départ de candidats au djihad vers la Syrie.

Ces interpellations ont été conduites par la sous-direction antiterroriste (SDAT) de la police judiciaire française et des hommes du Raid (unité d'élite de la police), assistés d'autres forces de police. Selon une source judiciaire, l'opération est menée dans le cadre d'une information judiciaire ouverte début décembre 2013.

Quelque 400 Français en Syrie

La police pense que des départs ont déjà été organisés et que plusieurs autres étaient en cours. On parle à cet égard, selon les premiers éléments de l'enquête, de la «filière du Tarn», qui se montrait très discrète, prudente et active, au point d'avoir des ramifications dans toute la France et de s'être déployée en conséquence.

La France a été, en 2014, confrontée à une explosion du nombre d'apprentis-djihadistes partant pour la Syrie et l'Irak, avec en corollaire l'angoissante question de leur retour et d'une éventuelle action terroriste sur son sol.

Le nombre de candidats au djihad syrien a bondi de plus de 80% depuis début janvier, selon de récentes déclarations du ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve.

Ils seraient actuellement, selon les estimations officielles, près de 400 sur place, plus de 200 ont manifesté des velléités de départ et environ 120 sont déjà revenus, avec près de 200 en transit et une cinquantaine de morts.