Toulouse: Le procès des agresseurs présumés de Jérémy Roze, mort en 2011, s'ouvre mardi

JUSTICE Deux jeunes hommes comparaissent devant les Assises de Toulouse. Ils se renvoient la responsabilité de la mort de l'étudiant...

Béatrice Colin

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Hicham Ouakki et Driss Arab, les jeunes deux suspects présumés dans la mort de l'etudiant Jeremy Roze, ont participe a la reconstitution du meurtre dans la Grande rue St Michel, le 17 septembre 2012.
Hicham Ouakki et Driss Arab, les jeunes deux suspects présumés dans la mort de l'etudiant Jeremy Roze, ont participe a la reconstitution du meurtre dans la Grande rue St Michel, le 17 septembre 2012. — FRED SCHEIBER / 20 MINUTES

«Nous, nous sommes condamnés depuis quatre ans. Eux, ils sont présumés coupables», lâche Christian Roze, étreint par le chagrin. Un matin de février 2011, ce pharmacien installé près de Pau a reçu le pire des coups de fil, celui lui annonçant la mort de son fils, Jérémy, inscrit en dernière année de pharmacie à Toulouse.

A partir de mardi, la cour d'assises de Haute-Garonne jugera les deux jeunes hommes qui s'accusent mutuellement d'avoir poignardé l'étudiant de 27 ans dans le quartier Saint-Michel alors que ce dernier rentrait chez lui à pied.

Hisham Ouakki, 22 ans, et Driss Arab, 24 ans, devront répondre à la barre de «tentative de vol suivi de violences ayant entraîné la mort». A leurs côtés, un troisième homme les ayant hébergés comparaîtra libre.

Plus qu'un fait divers, un fait de société

Hors de question pour la famille de Jérémy Roze de rester en retrait. Depuis près de quatre ans, ses parents et son frère sont concentrés sur la bataille judiciaire. Ils étaient même présents lors de la reconstitution pour faire face aux agresseurs présumés.

Un moyen de «montrer notre colère et notre indignation face à la violence de ces faits», relève Christian Roze dont la vie est entre parenthèses depuis ce drame.

Cette implication montre aussi sa volonté «de faire d'un fait divers un fait de société». «Aujourd'hui le chagrin est pour nous, mais je ne voudrais pas que cela arrive à d'autres. La société doit prendre conscience de cette violence», poursuit le père de famille qui rappelle les agressions gratuites à l'arme blanche dont ont été victimes de nombreux jeunes en Midi-Pyrénées ces derniers mois.

La mort de Jérémy Roze pour un motif plus que futile avait soulevé une vague d'indignation. Plus de 1.000 personnes avaient participé à une marche en sa mémoire peu de temps après le meurtre.

Verdict attendu vendredi

De la justice, Christian Roze attend que ces agresseurs présumés soient reconnus coupables. Indistinctement. «Chacun raconte le meurtre de l'autre. Ils ont un comportement de menteurs et ne formulent aucun regret, car on ne peut pas regretter si on transpose le meurtre sur l'autre. Pour eux, l'agression fait partie du quotidien,», critique-t-il en faisant référence aux vols commis par les deux co-accusés la veille et le lendemain de la mort de son fils.

Pour la défense, tout l'intérêt du procès sera de pouvoir déterminer ce qui ne l'a pas été jusqu’à présent : qui a donné le coup de couteau fatal. Car même lors de la reconstitution, chacun avait campé sur ses positions.

«Depuis le début de cette affaire, mon client a toujours contesté avoir participé à l'agression de Jérémy Roze», plaide d'ores et déjà l'avocat de Driss Arab, Maître Raphaël Darribère. 

Le verdict est attendu vendredi soir, les co-accusés risquent la réclusion criminelle à perpétuité.