Aéroport de Blagnac: La vente aux Chinois bientôt attaquée devant le Conseil d'Etat

JUSTICE Un collectif de plaignants, emmené par Me Christophe Léguevaques, s'apprête à déposer un recours contre la décision du gouvernement...

Beatrice Colin

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Christophe Léguevaques est déjà intervenu dans le dossier des irradiés de Rangueil, de l'explosion de l'usine AZF ou des prêts toxiques.
Christophe Léguevaques est déjà intervenu dans le dossier des irradiés de Rangueil, de l'explosion de l'usine AZF ou des prêts toxiques. — Frédéric Scheiber/20MINUTES

La décision de l'Etat de vendre 49,99% de ses parts dans le capital de l'aéroport de Toulouse-Blagnac ne devrait pas en rester là. Comme l'avait fait François Bayrou en 2006 dans le dossier de privatisation des sociétés autoroutières, un collectif de plaignants s'apprête à déposer un recours devant le Conseil d’État.

Manque de transparence

«A la demande d'élus, de particuliers, d'associations j'ai regardé le dossier et nous avons a priori plein d'arguments de droit pour pouvoir attaquer la procédure. Depuis le début, il y a un manque de transparence dans certaines règles. Pour quelques millions, on préempte l'avenir de tout un territoire», explique Maître Christophe Léguevaques.

L'avocat toulousain, inscrit au barreau de Paris, n'en est pas à son premier coup d'essai. Déjà investi dans le dossier collectif des Irradiés de Rangueil, d'AZF ou des prêts toxiques contractés par les collectivités, il devrait déposer un recours dès mardi prochain. Représentant de contribuables, il ne doute pas que leur intérêt à agir soit reconnu.

Liberté de vote des actionnaires

Et de remettre d'ores et déjà en cause le pacte d'actionnaires où il est écrit que l'Etat s'engage, «sauf motif légitime, à voter au Conseil de surveillance dans le même sens que l'acquéreur pour les décisions importantes».

«Or un actionnaire a la liberté de vote jusqu'au moment du vote, il ne peut pas se lier pendant douze ans aux décisions d'un autre actionnaire. La difficulté n'est pas que ces derniers soient Chinois, mais qu'ils puissent faire du chantage notamment sur l'achat d'Airbus», critique Christophe Léguevaques qui affûte déjà ses arguments.

Il lèvera le voile sur le nom des plaignants mercredi, au lendemain du dépôt du premier recours.