Toulouse: Bataille rangée dans les rues à coups de smartphones pour les adeptes du jeu Ingress

INSOLITE Samedi, les «éclairés» verts et les «résistants» bleus vont se disputer les quartiers de la Ville rose. Ce sont des adeptes du jeu mobile Ingress...

Hélène Ménal

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Rémy, informaticien toulousain, fan d'Ingress.
Rémy, informaticien toulousain, fan d'Ingress. — H. Menal - 20 Minutes

Avant, Rémy ne sortait pas. C’était un vrai gamer, rivé à son PC, les doigts collés sur son joystick. Mais c’était avant. Avant qu’il découvre Ingress, le «Real world game» (jeu dans le monde réel) de Google sur mobile. Communauté de joueurs, stratégie de groupe, rivalités, univers futuriste, Ingress respecte les canons du genre. Sauf qu’il faut pour y jouer conquérir des portails localisés dans le monde réel. Et que le seul moyen de le faire, c’est de les approcher à moins de quarante mètres avec son smartphone.

Du coup, Rémy l’informaticien sort beaucoup. Sous l’identité virtuelle de «Pano 12». «J’ai visité pas mal de villes grâce au jeu», assure ce jeune homme de 33 ans, qui concède bien volontiers qu’il est un geek et finit par avouer que, pour défendre un portail, il est parti un jour sur un coup de tête hanter une île au large de la Bretagne. «Mais il y a aussi des familles, des enseignants ou des retraités qui jouent», ajoute-t-il. Certains font même des pauses. Mais pas lui et surtout pas en ce moment.

Une «anomalie»

Samedi après-midi, Toulouse sera le théâtre d’une «anomalie»: une bataille sur le terrain, dans les rues. Les «Eclairés», le camp des verts dont Rémy est un des leaders locaux, vont disputer aux «résistants» bleus les quartiers du centre-ville de la Ville rose. Place Saint-Georges, à Jean-Jaurès ou Esquirol, les néophytes vont apercevoir, en pleines courses de Noël, des gens bizarres courir en grappes, le nez sur leurs smartphones.

Rémy a posé trois jours de congé pour la préparation tactique. Il veut en découdre…