Les airbusiens veulent la peau de Power 8

SOCIAL Les salariés de l’avionneur européen maintiennent la pression contre le plan de restructuration...

Hélène Ménal

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Les salariés d'Airbus ont  manifesté sur la rocade toulousaine.
Les salariés d'Airbus ont  manifesté sur la rocade toulousaine. — ALEXANDRE GELEBART / 20MINUTES

Ils occupent le terrain, en espérant convaincre leur direction de mettre « Power 8 au placard ! ». Plus de 3 000 airbusiens ont défilé hier matin sur la rocade toulousaine. D'un pas déterminé et parfois encouragés par les klaxons des automobilistes circulant en sens inverse, ils ont parcouru les 3,7 kilomètres séparant l'usine Jean-Luc Lagardère de l'aéroport.Cette troisième manifestation était destinée « à mettre la pression » avant la réunion prévue aujourd'hui d'un comité d'entreprise européen. Le défilé était essentiellement consti-

tué de « col bleus ». « Dommage que les cols blancs aient peur de se mobiliser. C'est pourtant sur eux que le couperet va tomber », lance un compagnon, pas vraiment rancunier. Pas de cadres non plus lors de cette mobilisation pascale, ou alors bien cachés dans la foule. « Je suis sûr que la direction leur met la pression. Ils disent qu'ils veulent privilégier le dialogue mais il n'y a qu'en descendant dans la rue qu'on obtiendra des négociations », estime Thierry. Ce salarié des chaînes A340 refuse de se laisser « manipuler par les actionnaires en bradant le savoir-faire et l'outil de travail ». Si Power 8 est maintenu en l'état, il est persuadé qu'un jour, « dans quatre ou cinq ans, un nouveau plan touchera de plein fouet la production »... Son équipe a déjà vu partir les jeunes intérimaires qu'elle avait mis un temps fou à for-mer. Alors, par principe,

il refuse les heures supplémentaires.Un peu plus loin dans le cortège, un autre compagnon se montre plus optimiste : « Je pense qu'on n'a rien à craindre pour les chaînes toulousaines mais nous nous devons d'être là par solidarité avec nos collègues de Méaulte et de Saint-Nazaire », assure-t-il sous le couvert de l'anonymat. « La vérité, c'est qu'on ne nous dit rien et que tout le monde flippe », le contredit un compagnon de route. Aujourd'hui, les syndicats attendent « des réponses claires » de la direction d'Airbus. Mais ils doutent déjà de les obtenir.