«Les dirigeants, responsables de la crise»

INTERVIEW Jean-François Knepper, coprésident Force ouvrière du comité d’entreprise européen d’Airbus

Recueilli par B. C.

— 

Jean-François Knepper, coprésident Force ouvrière du comité d’entreprise européen d’Airbus.

Pourquoi ne pas négocier avec la direction ?

Pour négocier, il faut être deux, or, aujourd'hui, la direction ne saisit aucune de nos ouvertures. La feuille de route donnée par les actionnaires n'est pas amendable selon Gallois, donc il n'a aucune marge de manoeuvre.

Ne craignez-vous pas un essoufflement du mouvement ?

Absolument pas, les gens sont toujours déterminés et en colère contre l'injustice qui les frappe. Eux savent qu'ils ont toujours bien fait leur travail, ce qui n'est pas le cas de nos dirigeants, qui sont les seuls responsables de cette crise, actionnaires et managers compris.

Pourquoi ne pas bloquer les chaînes ?

On y a pensé mais nos actionnaires ont tellement engrangé de profits qu'ils pourraient attendre. Cela mettrait en péril nos salaires sans garantie de les faire changer d'avis.

Ressentez-vous déjà la mise en place de Power 8 ?

Des coordinateurs ont été nommés pour étudier des pistes sur les économies à réaliser. Mais ce qui nous inquiète, c'est plutôt la vente des sites de production et que la direction ait saisi la crise de l'A380 pour inscrire Airbus et EADS dans la mondialisation économique.

Et l’impact de la baisse de cadence sur les chaînes A320 de Toulouse ?

On nous dit que 20 % des charges de production des chaînes toulousaines doivent partir sur Hambourg mais on ne sait pas quand. Louis Gallois nous a indiqué qu'il attendra la montée en cadence de l'A380 pour transférer le personnel.