Barrage de Sivens: Un appel aux dons pour poursuivre le combat juridique

ENVIRONNEMENT France nature environnement Midi-Pyrénées, à l'origine de plusieurs recours contre le barrage de Sivens, lance une opération de financement participatif...

Beatrice Colin

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La zone du Testet, aujourd'hui défrichée et où coule le Tescou. :FRED SCHEIBER/SIPA/1411141525
La zone du Testet, aujourd'hui défrichée et où coule le Tescou. :FRED SCHEIBER/SIPA/1411141525 — SIPA

Le projet de barrage de Sivens est suspendu, mais pas définitivement enterré. Pour les associations de défense de l'environnement, le combat juridique n'est donc pas terminé.

Après avoir déposé quatre recours devant le tribunal administratif et porté plainte contre X le 28 novembre pour infractions au Code de l'environnement, France nature environnement (FNE) Midi-Pyrénées vient de lancer un appel aux citoyens pour financer l'ensemble de ses démarches dans les prétoires.

Une première régionale

Si c'est une première au niveau régional, FNE a déjà opté pour ce principe de l'appel aux dons pour le projet d'aéroport de Notre-Dame-des-Landes via le site citizencase. Lancée en septembre, cette plateforme de financement participatif cible les actions en justice en matière d'environnement et de santé et portera le projet de collecte de 12.000 euros de FNE Midi-Pyrénées.

Ses associations membres, dont Nature Midi-Pyrénées à laquelle appartenait Rémi Fraisse, n'ont pas attendu la Commission européenne et le lancement fin novembre de sa procédure d’infraction contre la France, pour ester en justice.

«Nous suivons ce dossier depuis 2011, nous avons participé à l'enquête publique, déposé des recours. Ces actions juridiques sont longues et coûteuses. A chaque fois que nous faisons réaliser un constat d'huissier, c'est une dépense. C'est ce que nous avons fait lorsque nous avons porté plainte contre X fin novembre puisque trois hectares ont été détruits alors que ce ne devait pas être le cas», explique la directrice de FNE Midi-Pyrénées, Marie-Laure Cambus.

D'autres projets dans le collimateur

Pour cette militante écologiste, qui fait des allers-retours sur Albi pour participer aux réunions de concertation en préfecture avec les différents acteurs du projet, «c'est aussi une manière de mobiliser les gens et d'avoir les moyens de continuer à agir». Et de répondre aux diverses questions que se posent les citoyens.

«On nous demande pourquoi contestez-vous une décision prise démocratiquement, cet appel va nous permettre d'expliquer qu'il y a eu un passage en force, quels sont les enjeux naturalistes ou les développements juridiques», poursuit Marie-Laure Cambus.

Avec en ligne de mire la possibilité de pouvoir prendre position sur d'autres projets comme celui de centre commercial Val Tolosa ou l'aménagement de l'autoroute Toulouse-Castres.