Toulouse: Selon Mediapart, les Chinois seront maîtres à bord de l'aéroport

économie Le site d'information publie un «Pacte d'actionnaires» où l'Etat, qui possède toujours 10,01% des parts, fait quasiment allégeance au nouvel actionnaire...

Helene Menal

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L'aéroport de Toulouse-Blagnac
L'aéroport de Toulouse-Blagnac — LANCELOT FREDERIC/SIPA

Le consortium chinois Symbiose est en voie d'acquérir 49,99% des parts de la société qui exploite l'Aéroport Toulouse-Blagnac. Les 50,01% restant se décomposent ainsi : 25% pour la Chambre de commerce et d'industrie de Toulouse, 10,01% conservés par l'Etat, et 15% équitablement répartis entre la Région, le Conseil général et Toulouse métropole.

Donc, théoriquement et comme Bercy ne cesse de le répéter, les Chinois viennent de réaliser «une prise de participation minoritaire». Etat et collectivités locales restent majoritaires. Notamment parce qu'Emmanuel Macron, le ministre de l'Economie, a annoncé jeudi soir que les 10,01 % de l'Etat, jusque-là présentés comme une option à lever en faveur du futur acquéreur, n'étaient plus à vendre.

Majorité Etat-acquéreur

Sauf que le site d'information Mediapart vient de publier un document propre à jeter le trouble sur cette réalité. Non daté, il est intitulé «Pacte d'actionnaires entre la République française et [l'acquéreur] relatif à l’Aéroport Toulouse-Blagnac». A sa lecture, il apparaît que le futur conseil de surveillance de la plateforme sera composé de 15 membres : six représentants de l'acquéreur, 7 désignés par les collectivités locales et deux par l'Etat. En cas d'alliance, l'Etat et l'acquéreur, les Chinois en l'occurrence, disposeront donc d'une majorité absolue.

Main dans la main sur les décisions importantes

Et la suite du document indique que cette alliance sera quasi-systématique. L'Etat s'y «engage, sauf motif légitime, à voter au Conseil de surveillance dans le même sens que l'acquéreur pour les décisions importantes».

La promesse concerne notamment les projets de développement de l'aéroport et donc l'accroissement du trafic aérien qui donne des sueurs froides aux riverains. Elle sonne comme une compensation des 10% de parts qui ont filé entre les doigts du lauréat grâce au lobbying intense des collectivités locales. Reste à savoir quelle utilisation feront les deux représentants de l'Etat du terme «motif légitime». Ils auront en tout cas le pouvoir de reléguer les acteurs locaux au rang de simples marionnettes.