Les riverains en ont plein les feuilles

NUISANCES Selon le rapport annuel de l'Autorité de contrôle des nuisances sonores aéroportuaires (Acnusa) évoqué hier dans...

Béatrice Colin

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Les Toulousains, eux aussi, en ont marre des nuisances aériennes. Selon le rapport annuel de l'Autorité de contrôle des nuisances sonores aéroportuaires (Acnusa) évoqué hier dans nos colonnes, il faudrait trente ans pour insonoriser l'ensemble des domiciles des riverains de l'aéroport Toulouse-Blagnac. « Au rythme où on va, y'en a pour cinquante ans et quand ils auront remplacé les vitres, les villas tomberont en ruine », ironise Henri Frendo. Cet habitant du quartier Ancely, à moins de 2 km à vol d'oiseau du tarmac, n'est pourtant pas prêt d'être indemnisé. Son appartement se trouve en effet à la limite du plan de gêne sonore. Avant 2004, avec son voisin Jacques Tournier, il en faisait partie. Mais le nouveau plan « a réduit la largeur de la zone, comme ça, il y a eu moins de monde à indemniser », suppose-t-il.Il est quand même l'un des « des 100 000 Toulousains victimes de nuisances aériennes ». Comme Andrée Rimailho, résidante à la cité la Flambelle dont elle préside l'association d'habitants. En dessous du couloir aérien, elle peut prétendre comme 24 000 autres habitants de la Ville rose à ces indemnisations. « Pour l'instant, sur une centaine de maisons, une dizaine seulement a été indemnisée », déplore-t-elle. Au total, près de 4 500 personnes ont pu changer leur fenêtre. « Mais même avec le double vitrage, c'est invivable. L'été, on ne peut pas manger sur la terrasse. Le pire, c'est la nuit et aux heures de pointe », tonne-t-elle espérant voir aboutir le projet de nouvel aéroport.

collectif Pour la présidente du collectif contre les nuisances aériennes, Chantal Demander, il faut notamment augmenter la taxe payée par les compagnies aériennes et arrêter les vols de nuit.