Toulouse-Blagnac: Un consortium chinois se paye une partie de l'aéroport

AEROPORT L'Etat avait mis en vente 49,9 % des 60% de parts qu'il détient...

B.C.

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L'aéroport de Toulouse-Blagnac le 19 novembre 2014
L'aéroport de Toulouse-Blagnac le 19 novembre 2014 — Pascal Pavani AFP

Cette annonce était redoutée par de nombreux élus de l'agglomération toulousaine. Elle vient de tomber.

Le ministre de l’Économie, Emmanuel Macron, a annoncé jeudi soir la victoire du consortium chinois Symbiose (Shandong Hi Speed Group et Friedmann Pacific Investment Group) dans le rachat de ses parts dans le Capital de l'Aéroport Toulouse-Blagnac.

308 millions d'euros

L'Etat avait mis en vente 49,9 % des 60% de parts qu'il détient au coeur de l'été. Selon La Dépêche du Midi la vente se serait conclue pour un montant de 308 millions d'euros.

Le Ministère de l'Economie explique dans un communiqué que «les infrastructures aéroportuaires ainsi que le foncier demeurent donc la propriété du concédant conformément aux textes régissant la concession. L’Etat dispose ainsi de pouvoirs étendus pour contrôler l’activité de la société»

Pour justifier son choix, il assure que «le consortium Symbiose présente un projet de développement ambitieux pour l’aéroport de Toulouse-Blagnac, s’appuyant sur le dynamisme et l’attractivité de la région toulousaine. Son offre table sur une augmentation de l’emploi liée à la progression du trafic de l’aéroport». 

Et pour rassurer les élus locaux, le gouvernement indique que ces futurs actionnaires se sont «engagés à associer étroitement les actionnaires publics locaux à la gouvernance de la société ATB, en leur offrant des garanties d’association aux décisions majeures relatives à la stratégie de l’entreprise et aux conditions de son développement ».

Les élus pour que « la puissance publique demeure majoritaire »

Pour Martin Malvy, le président de la Région Midi-Pyrénées, «la décision est prise. Nous savions depuis 2007 qu’elle le serait un jour. C’est la raison pour laquelle nous étions à l’époque entrés au capital de la société aéroportuaire. Bien nous en a pris puisqu’aujourd’hui, nous détenons la minorité de blocage qui, pour les choix stratégiques et les grands investissements, nous permettra soit d’initier, soit de refuser des projets qui nous sembleraient contraires à l’intérêt général».

Et d'ajouter qu'il souhaitait, quel que soit le concessionnaire retenu «que la puissance publique demeure majoritaire dans le capital de Toulouse-Blagnac. C’est possible. Soit que l’Etat garde les parts qu’il possédera encore – 10,1 % – soit que le candidat désigné cède une partie de celles qu’il va acquérir». Et pourquoi pas que ces parts cédées le soient aux collectivités».

Un avis partagé par le maire de Blagnac et vice-président de Toulouse Métropole, Bernard Keller. Mais ce dernier affirme «regretter cette décision parce que l'Etat n'avait pas l'obligation de vendre ses parts, mais aussi la méthode qui n'a pas permis à des entreprises et fonds régionaux d'investir dans l'aéroport. Au nouvel actionnaire maintenant de nous montrer sa volonté de participer au développement régional tout en respectant les riverains et l'environnement».