Ils localisaient les radars via Facebook, la justice les sanctionne

JUSTICE La justice a condamné quinze membres d'un groupe Facebook anti-radar ce jeudi...

B.C. avec AFP

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Un controle de la vitesse avec radar laser mobile. - Photo : Sebastien Ortola
Un controle de la vitesse avec radar laser mobile. - Photo : Sebastien Ortola — S. ORTOLA / 20 MINUTES

Attention "poulets au rond-point..." pouvait-on lire parmi les alertes de la page Facebook anti-radar lancée par des Aveyronnais. Ce mercredi, des suspensions de permis d'un mois ont été prononcées à l'encontre de quinze membres de ce groupe Facebook. Une condamnation inédite qui pourrait faire jurisprudence.

Le tribunal correctionnel de Rodez a déclaré les quinze prévenus coupables de «soustraction à la constatation des infractions routières». Parmi eux, huit étaient également poursuivis pour «outrages», après avoir qualifié les gendarmes sur la page Facebook de noms d'oiseaux peu amènes, mais ils ont tous été relaxés de ce chef.

Avertisseurs de radars Vs page Facebook

«C'est extrêmement préoccupant», a réagi Maître Rémy Josseaume, expert en droit automobile, qui défend 11 des 15 prévenus. «Si ce qu'ils font est interdit, alors tous les avertisseurs de radars devraient être interdits, tous les journaux et les radios locales qui signalent les radars vont être fermés», a déclaré l'avocat.

Le conseil souligne que les boîtiers de «solutions d'aide à la conduite » ont, eux, été autorisés par le Conseil d'État en 2013. Ces produits commerciaux reposent sur une communauté de membres avertissant de «zones de danger», un euphémisme signalant la possible présence d'un radar.

13.000 membres de la page Facebook

«Il s'agit d'un jugement hypocrite», a critiqué Mathieu Chané, cofondateur en, 2012 du groupe Facebook «qui te dit où est la police en Aveyron. «Nous sommes plus de 13.000 membres sur le groupe et 600.000 en France à utiliser ce type de pages Facebook et aujourd'hui, nous ne sommes que 15 à être condamnés», a-t-il ajouté.