Toulouse: Voici pourquoi le lancement d'Ariane 6 est une bonne nouvelle

ESPACE D'Airbus Group aux élus, tout le monde se réjouit du lancement d'Ariane 6 qui, même indirectement, va forcément rejaillir sur la Ville rose...

Helene Menal

— 

Illustration numérique d'Ariane 6
Illustration numérique d'Ariane 6 — ESA-D. Ducros, 2014

C'est fait. Ariane 6 est sur orbite. Mardi, les membres de l'Union européenne ont donné leur feu vert à cette nouvelle fusée de 70 mètres de haut attendue pour 2020. Et c'est peu de dire que la branche espace d'Airbus Group (Airbus Defence and Space) se félicite de cette décision.

Elle applaudit des deux mains, avec lyrisme même, à l'instar de François Auque, le directeur général de la division Espace: «Les décisions prises [mardi] représentent à la fois un nouveau cap pour l'industrie des lanceurs, sans laquelle il n'y a pas d'industrie spatiale, mais également pour l'ensemble du secteur de l'espace et les milliers de salariés qui y consacrent leur énergie et leur savoir-faire», déclare-t-il.

Airbus group aux manettes

A peine la naissance de ce nouveau lanceur officialisée, Airbus Group et Safran ont confirmé ce mercredi la création d'une coentreprise commune. Baptisée «Airbus Safran Launcher», la joint-venture sera «l'autorité technique» d'Ariane 6. Elle sera opérationnelle dès le 1er janvier 2015 avec «un effectif initial de 450 salariés». Elle installera son siège à Issy-les-Moulineaux, près de Paris.

Le Cnes pour le Mecano géant

Mais cela n'empêche pas le maire de Toulouse, Jean-Luc Moudenc (UMP) de se réjouir. «Une fois de plus, Toulouse jouera une carte majeure dans un domaine qu'elle maîtrise, avec le formidable savoir-faire des ingénieurs et des techniciens de l'industrie spatiale présents sur notre métropole», s'enthousiasme-t-il. Philippe Droneau, le directeur des publics de la Cité de l'Espace, le rejoint. «Même si depuis Ariane 5 plus aucun composant de la fusée n'est fabriqué à Toulouse, le fait que l'Europe se dote du lanceur le plus performant au monde ne peut que rejaillir sur la capitale européenne du spatial. Cela assure l'avenir», explique-t-il.

Le secteur représente environ 10.000 emplois directs à Toulouse. Et parmi les spécialistes intimement concernés par Ariane 6, il y a les 70 membres de l'équipe du Cnes chargée de la conception des équipements au sol pour le Centre spatial guyanais de Kourou. C'est à eux que revient la mission de concevoir le pas de tir d'Ariane 6.

Totem

Mais que va devenir l'Ariane 5 grandeur nature qui fait office de totem à la Cité de l'Espace? Faudra-t-il la remplacer par une Ariane 6 en 2020? «La question se pose effectivement, dit Jean-Baptiste Desbois, le directeur. Nous devons voir si nous pouvons financer ce changement et si la taille ne pose pas de problème réglementaire.» En attendant, Ariane 6 va rapidement faire son entrée dans la galerie des fusées. Et les médiateurs scientifiques sont déjà formés à répondre aux questions sur le nouveau lanceur.