Aéroport Toulouse-Blagnac: Critiques autour d'une éventuelle vente aux Chinois

POLEMIQUE Plusieurs voix s'élèvent contre une éventuelle vente des parts de l'Etat dans l'aéroport de Blagnac à des investisseurs chinois...

B.C. avec AFP

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Annulation des vols a l'aeroport de Toulouse Blagnac en raison de la propagation du du nuage de fumee du volcan islandais situe sous le glacier Eyjafjallajokull vers l'Europe. Fermeture des espaces aeriens europeens.
Annulation des vols a l'aeroport de Toulouse Blagnac en raison de la propagation du du nuage de fumee du volcan islandais situe sous le glacier Eyjafjallajokull vers l'Europe. Fermeture des espaces aeriens europeens. — A. GELEBART / 20 MINUTES

Bernard Keller, le maire PRG de Blagnac, a indiqué mardi qu'il était défavorable à l'offre chinoise dans le cadre de la privatisation de l'exploitation de l'aéroport de Toulouse-Blagnac. Pour l'élu, qui a pu examiner les offres pour le compte de Toulouse Métropole, actionnaire à hauteur de 5%, «le plus offrant n'est pas forcément le mieux-disant».

Pour le maire, les dossiers des quatre candidats au rachat de 49,9% du capital sur les 60% actuellement détenus par l'Etat, les promesses de croissance du trafic annoncés à 18 millions de passagers en 2030 contre 7,5 millions l'an dernier dépassent le seuil de tolérance des riverains.

Peur de voir ressurgir le projet de second aéroport

Comparé à cette offre déposée par deux investisseurs chinois associés au groupe de logistique canadien SNC Lavalin, il juge celles des candidats français Aéroports de Paris et Vinci «plus raisonnables» et «plus soucieuses de l'environnement et des riverains ». De sources concordantes, leurs perspectives de trafic seraient inférieures à 14 millions de passagers.

Avec la saturation de Blagnac liée à l'offre chinoise, «on verrait resurgir les projets de 2e aéroport toulousain, qui avaient soulevé un tollé avant d'être écartés il y a dix ans, et on se préparerait une nouvelle affaire Notre-Dame-des-Landes», prédit Bernard Keller.

L'Agence des participations de l'État aurait déjà remis sa recommandation à la Commission des transferts et des participations en faveur de l'offre chinoise.

Critique aussi au Parti socialiste

Le 17 novembre, le ministre de l'Économie Emmanuel Macron avait indiqué que Bercy rendrait sa décision un mois plus tard, soit mi-décembre. «J'espère qu'on peut encore influer sur un choix qui ne peut pas être que financier», plaide l'élu de Toulouse Métropole évoquant «le patriotisme industriel européen».

Un avis partagé par la députée Karine Berger, secrétaire nationale du PS à l'Économie. Au micro Sud Radio, elle a indiqué ne pas être «très convaincue par cette idée de vendre l'aéroport de Toulouse à des fonds étrangers. Je suis très mal à l'aise sur le fait qu'on puisse laisser vendre ces infrastructures à des structures étrangères qui ne sont pas européennes, et je voudrais qu'on puisse trouver une solution alternative».

L'offre de rachat de 18,5 millions d'euros des internautes déposée

La solution alternative pourrait venir d'ailleurs. La plateforme toulousaine de Crowfunding  WiSEED a remis ce mardi à la Présidence de la République une offre de rachat des 10,01% des parts de l'Etat qui n'ont pas encore été mis en vente. Les internautes ont fait 18,5 millions d'euros de promesses pour devenir actionnaires de l'aéroport de Toulouse-Blagnac.