Toulouse: Castanet veut tester des mesures pour lutter contre le chancre tueur des platanes du canal du Midi

ENVIRONNEMENT Ils n'échapperont pas à la tronçonneuse. Mais le maire postule pour expérimenter des traitements...

Hélène Menal

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 Les platanes qui bordent le Canal du Midi. Ici près de Ramonville.
Les platanes qui bordent le Canal du Midi. Ici près de Ramonville. — FRED SCHEIBER

Castanet est la première commune «urbaine» de Haute-Garonne à être touchée par le chancre coloré, ce champignon tueur de platanes, sur les berges du Canal du Midi. Voies navigables de France (VNF) a annoncé fin octobre avoir identifié trois arbres malades sur la commune. Et son maire, Arnaud Lafon (MoDem), en sait maintenant un peu plus sur le sort qui attend les végétaux.

«L'Etat souhaite abattre entre février et avril, les trois arbres malades qui sont les uns à côté des autres, et probablement une vingtaine d'arbres en tout à titre préventif. Cela va créer une césure d'une cinquantaine de mètres dans un endroit très fréquenté», explique l'édile qui, n'étant pas propriétaire des berges du Canal,  n'a pas de pouvoir sur l'évolution de la situation.

Des habitants inquiets

Il a perçu toutefois l'inquiétude de ses administrés «qui ont un attachement viscéral aux platanes et ont peur que leur environnement change». D'où cette réunion organisée lundi à Castanet, avec les services de la Ville, les élus de tous bords, VNF et les acteurs du réseau fluvial. «Elle consistait à trouver les solutions les plus admissibles», précise Arnaud Lafon. Il en a profité pour demander l'abattage plus rapide des trois arbres malades. «Ils sont déjà morts et pourraient tomber en cas de coup de vent», argumente-t-il.

Ensuite Castanet,  qui compte l'Institut national de la recherche agronomique (Inra) comme habitant, veut en faire un partenaire naturel dans cette épreuve. «Nous allons postuler auprès du ministère de l'Agriculture comme site expérimental pour les vaccins ou traitement contre le chancre», annonce l'édile.

Questions avant propagation

Enfin, l'élu, s'il a la malchance d'être le premier touché, sait aussi que le champignon ne connaît pas les frontières communales. «Il faut se creuser les méninges et engager une concertation métropolitaine sur le sujet, notamment pour l'évacuation des arbres coupés. Les brûler sur site à Castanet, ce n'est pas un problème, mais quand ce sera devant la gare Matabiau, l'affaire va se compliquer», prévient-il.

Pierre Cardinale, le porte-parole du Club économique Toulouse O fil de l'eau, qui réunit les professionnels fluviaux, se dit «satisfait des prises de position du maire de Castanet». Mais il s'étonne de la quantité d'arbres condamnés. «Une vingtaine, ça paraît vraiment beaucoup!», commente-t-il.