Toulouse: Les médecins se soignent contre les agressions

SECURITE Des réunions pour agir en cas de violences sont organisées à l'attention des professionnels de santé...

Beatrice Colin

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Quatre réunions sont organisées pour les médecins, qu'ils soient libéraux ou hospitaliers.
Quatre réunions sont organisées pour les médecins, qu'ils soient libéraux ou hospitaliers. — V. WARTNER / 20 MINUTES

Une médecin séquestrée par un patient aux Chalets il y a quatre ans, l'agression d'une infirmière aux urgences de Rangueil l'an dernier et pas plus tard qu'en fin de semaine dernière, un patient ivre qui violente une infirmière à la clinique Ambroise-Paré.

La hausse des incivilités n'est pas une nouveauté pour le corps médical, mais à défaut de pouvoir soigner tous les maux de la société, le Conseil de l'ordre des médecins de Haute-Garonne a décidé d'agir. Il organise quatre réunions, dont la première a lieu ce mardi, «pour apprendre à prévenir et gérer les situations de violence».

Les patients, victimes aussi par ricochets

Et il faut croire que cette initiative était attendue car les quatre rendez-vous en présence des forces de l'ordre affichent déjà complet. Et pourtant, l'an dernier, seules onze plaintes pour agressions étaient enregistrées par la police sur Toulouse.

«Mais l'on sait qu'il y a une sous-déclaration des kinés, infirmières ou médecins lorsqu'ils sont victimes d'invectives. Ces situations sont préoccupantes car elles sont à l'origine d'un problème d'accès aux soins des patients. Certains médecins ne se déplacent plus à domicile ou changent de quartier. Un médecin de Borderouge a ainsi décidé de déménager après de multiples agressions», explique Jean Thévenot, président du Conseil départemental de l'ordre. 

Des violences qui ont lieu en milieu majoritairement en milieu urbain, souvent dans les quartiers populaires, aujourd'hui véritables déserts médicaux. Et les généralistes ou urgentistes ne sont pas les seuls visés, les ophtalmologistes sont aussi souvent pris à partie.

Mise en situation ou vidéoprotection

Pour éviter que cela se produise, certains ont décidé de prendre des mesures. Un généraliste de Léguevin a ainsi fait le choix d'installer un système de vidéoprotection après de multiples cambriolages. Depuis le début de l'année, la préfecture comptabilise ainsi 98 infractions dans des cabinets médicaux.

Mais les réunions traiteront surtout des violences directes. Des films mettant en scène des agressions vont être diffusés à la cinquantaine de médecins inscrits à chaque session.

«Nous allons leur expliquer comment agir, le comportement à avoir avant, pendant et après l'agression. La façon par exemple d'entreposer ses produits, les heures de fermeture. Il y a une réelle nécessité d'informer car ces professionnels sont sous-équipés et il y a de plus en plus de personnes avec des problèmes psychologiques et une hausse des comportements agressifs envers les médecins», convient le capitaine David Delattre, référent sûreté au sein de la police nationale.

La piste des «grands frères» pour se déplacer dans les quartiers

Le Conseil de l'Ordre a aussi sollicité la mairie pour la mise en place de référents au sein de la population qui pourraient les accompagner lors de leurs visites à domicile dans les quartiers sensibles. «Des sortes de grands frères qui sécuriseraient la venue des médecins, comme cela existe dans certaines banlieues de Seine-Saint-Denis».