Toulouse: Des cyclistes frondeurs mais qui assument

Socité Les adeptes du vélo s'adaptent aux dangers quitte à prendre des libertés avec le code de la route...  

Hélène Ménal

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Griller le feu, c'est parfois une question de survie...
Griller le feu, c'est parfois une question de survie... — FRED SCHEIBER / 20 MINUTES

Ils ne s’embarrassent pas vraiment du Code de la route. Selon une l’étude réalisée par Opinionway pour l’assureur MMA et révélée en exclusivité par 20 Minutes, 88 % des cyclistes toulousains roulent occasionnellement sur les trottoirs (contre 71 % au plan national) et 60 % (contre 45 %) empruntent les sens interdits.

Braver les interdits pour se sentir en sécurité

Eric, 42 ans, dont vingt à pédaler sur un biclou antique dans les rues de la Ville rose, est l’archétype de ce cycliste version cassoulet plus téméraire que les autres. Et il assume complètement. «Sur les trottoirs, c’est moi qui maîtrise, lâche-t-il. Et, en sens interdit au moins les automobilistes me voient arriver de loin !». Bref, en bravant les interdits, il a l’impression de préserver son intégrité même s’il vient de renoncer à transporter ses enfants sur son vélo. Comme 68 % des Toulousains (et 59 % des cyclistes français), Eric ne porte pas de casque.

 

88% des cyclistes toulousains roulent sur les trottoirs. - MMA

 

Une question d'aménagements

Sébastien Bosvieux non plus. Le président de l’association «Deux pieds deux roues» (1.000 adhérents) ne souhaite pas qu’on rende le port du casque obligatoire. «Il faut davantage de discernement. Les deux accidents qui ont impliqué des vélos depuis le début de l’année dans le département concernaient des cyclistes sportifs», rappelle-t-il. Ce spécialiste compte avant tout sur son expérience pour rouler sereinement. «La sécurité n’est pas avant tout une question individuelle de port d’équipements de protection chers aux assureurs, explique-t-il. Elle dépend surtout des aménagements».

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L’association cite comme « points noirs » pour la sécurité des cyclistes l’exemple du Pont des Catalans, les grands ronds-points comme au Mirail ou les boulevards roulants en général. « L’ajout de couloirs de bus ou la réduction de la vitesse sont des paramètres sur lesquels on peut jouer », assure Sébastien Bosvieux.