Haute-Garonne: Cent ans après, le poilu oublié retrouve sa place sur le monument aux morts

COMMEMORATIONS Grépiac a inscrit le nom de François Delgay, natif de la commune, sur son monument aux morts pour la France...

Béatrice Colin
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Le nom de François Delgay est désormais inscrit sur le monument aux morts de Grépiac, au sud de Toulouse.
Le nom de François Delgay est désormais inscrit sur le monument aux morts de Grépiac, au sud de Toulouse. — DR

Son nom aurait pu rester à jamais dans les limbes, parmi les milliers d'autres morts pour la France dont on a oublié le sacrifice durant de la Grande Guerre. Cent ans après avoir perdu la vie sur un champ de bataille du Nord-Pas-de-Calais, ce dimanche, François Delgay sera honoré par la commune qui l'a vu naître, Grépiac, au sud de Toulouse.

Jusqu'à présent son nom ne figurait sur aucun monument aux morts. Depuis quelques jours cette erreur est réparée et Kader Arif, le secrétaire d’État aux Anciens combattants et à la mémoire sera dimanche à Grépiac pour en attester.

Fruit du hasard

Un oubli qui aurait pu le rester sans une pointe de hasard et pas mal d'acharnement. «L'année dernière, je préparais les festivités du centenaire et en allant sur le site Mémoire des hommes qui recense les noms des morts au combat j'ai tapé mon nom. Il est apparu celui de François Delgay, né à Grépiac et je me suis souvenu que mon grand-père nous disait souvent que dans la famille il y avait eu des morts pour la France», raconte Pierre-Michel Delgay.

 

Cet habitant de Bordeaux, par ailleurs consul du Bénin en Aquitaine et Midi-Pyrénées, se dit qu'à sa prochaine visite dans la Ville rose il ira faire un tour dans ce petit village du Lauragais pour se recueillir. Mais lorsqu'il arrive devant le monument aux morts, aucune trace de son ancêtre.

Il sollicite alors la mairie qui se met à faire des recherches. «Nous avons regardé comment nous pouvions réparer cet oubli. François Delgay avait quitté le village et habitait à Gisors où il était charpentier lorsqu'il est parti au front. Mais à Gisors non plus, il n'y avait aucune inscription. Au village, il y a encore des personnes qui se souviennent de la famille dont nous retrouvons les traces jusqu'au XVIIe siècle », explique Françoise Viala, conseillère municipale de Grépiac.

Devoir de mémoire

Après vérification, la commune de 1.000 âmes a décidé de rajouter le nom de cet homme mort à 41 ans aux dix autres qui figuraient déjà sur la stèle. Et elle a profité du centenaire pour en parler. «Cela fera l'objet d'un travail pédagogique l'an prochain autour de la mémoire de tous nos poilus», relève l'élue.

«C'est un devoir de mémoire pour nous et nos enfants. Combien sont morts et n'ont pas été identifiés comme François Delgay, combien dont on n’a pas retrouvé le corps», s'interroge Pierre-Michel Delgay. Certainement beaucoup encore.