Luzenac: Selon son entraîneur, le club ariégeois a pris «un tsunami sur la tronche»

FOOTBALL Sébastien Mignotte explique l’appel aux dons lancé par le club ariégeois, mais aussi la nouvelle vie du LAP en septième division…

Propos recueillis par Nicolas Stival
Sébastien Mignotte (au centre) entraîne l'équipe de Luzenac en DHR.
Sébastien Mignotte (au centre) entraîne l'équipe de Luzenac en DHR. — F. Lancelot / Sipa

Lundi, le club de Luzenac, en difficultés financières, a émis un SOS, via un communiqué rédigé par deux dirigeants, dont l’entraîneur Sébastien Mignotte. Comme joueur, l’ancien défenseur a tout connu depuis son arrivée en Ariège, voici 15 ans: l’épopée sportive jusqu’aux portes de la Ligue 2, puis la chute en DHR (Division d’honneur régionale, DHR). Désormais, le technicien de 34 ans veut participer à la reconstruction du Luzenac Ariège Pyrénées, qui fait toujours la fierté d’un village de 650 habitants.

Pourquoi avoir écrit ce communiqué?

Nous voulons profiter de l’élan populaire né de l’histoire qui est arrivée au club, car financièrement, le LAP est confronté à des difficultés. La SASP (société anonyme sportive professionnelle), qui donnait une subvention à l’association, n’existe plus. Cela fait donc un trou dans un budget. Je ne souhaite pas donner de chiffres, mais disons qu’il nous manque 25% de notre budget de fonctionnement.

Comment combler ce trou?

On va essayer dans le premier temps de recréer des liens que l’on avait un peu perdus avec des sponsors locaux et départementaux. Nous sommes redevenus le club de Luzenac, nous rejouons au stade Paul-Fédou. C’est ce que nous faisons valoir aux anciens et aux futurs partenaires. Ensuite, nous avons fait cet appel plus général aux personnes touchées par ce qui nous est arrivé. Leur participation, quelle qu’elle soit, peut nous aider à maintenir ce club en vie.  

Pour le football, j'ai fait un DON pour @LuzenacAP qui vient du cœur (@nicolasdieuze) et bon courage pour la suite. pic.twitter.com/5OL1QFmmjv
— Mehdy Espitalier (@Medy811TFC) November 3, 2014



Avez-vous un objectif de collecte?

Non. C’est quelque chose en plus. En deux jours, nous avons récolté 600 euros, j’estime que c’est bien. Luzenac, ce n’est pas qu’une équipe première en DHR. Il y a plus de 200 gamins de 6 à 14 ans à l’école de foot. Le ramassage se fait en bus dans les villages alentour. Cela aussi a un coût. Ensuite, il existe une association, le LAP-HAF, qui regroupe plusieurs villages de la Haute-Ariège et qui compte trois équipes U15, une U17 et une U19.

Des jeunes qui renforceront l’équipe première, en DHR?

Oui. Cette saison, l’effectif est composé d’environ 50% d’Ariégeois. Ce sont surtout des étudiants qui vivent à Toulouse [où le club s’entraîne toujours]. Dès l’an prochain, j’espère qu’il y en aura encore davantage.

DHR - LUZENAC et DIEUZE déposent CUGNAUX en bas du classement: Luzenac a remporté ce duel du bas du classement... http://t.co/aDVZ5yR0fY
— footpy.fr (@wwwfootpyfr) November 2, 2014



Visez-vous la montée dès cette saison?

Si on peut monter, on montera, mais la priorité, c’est de remettre les choses en place dans le club. Après, dans deux ou trois ans, l’objectif sera l’accession à la DH (Division d’Honneur, sixième division). Ce club mérite d’évoluer au plus haut niveau régional.



Devant ces difficultés économiques, avez-vous pensé à aller «démarcher» Jérôme Ducros, l’ancien patron du club?

C’est le comité directeur du club qui décidera. Il n’a pas fait cette démarche, elle n’est pas à l’ordre du jour mais ce n’est pas exclu. L’important aujourd’hui, c’est vraiment de restructurer le club. On a pris un tsunami sur la tronche, il y a tout à refaire.

NON, LE FOOTBALL A LUZENAC N'EST PAS MORT ! @MignotteS @nicolasdieuze http://t.co/HPMsecvt75 pic.twitter.com/NishpO7j5W
— Luzenac AP Officiel (@LuzenacAP) November 4, 2014



Avec le recul, quel sentiment vous anime après les mésaventures du LAP?

Il y a deux solutions. Soit on reste bloqué dans l’amertume, soit on passe à autre chose. Je suis à fond dans le projet du club, sa reconstruction. Et je préfère garder le positif de l’aventure, dire qu’on a fait quelque chose d’extraordinaire que l’on ne pourra pas nous enlever.