Toulouse à la manœuvre pour éviter la collision d'un débris avec la Station spatiale

ESPACE La première manœuvre d'évitement rapide de déchets spatiaux a été réalisée lundi depuis le Centre spatial de Toulouse...  

Beatrice Colin

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Le centre de contrôle au Centre Spatial de Toulouse.
Le centre de contrôle au Centre Spatial de Toulouse. — © CNES/PEDOUSSAUT Manuel

Il n'était pas moins une, mais pas loin pour la Station spatiale internationale. Lundi, le pire a été évité pour les occupants de l'ISS, grâce, notamment, à l'intervention des équipes toulousaines du CNES en charge de l'ATV, le vaisseau cargo européen amarré à la Station.

Au moins deux débris imprévisibles par an

«Nous savions depuis le matin qu'il y avait un risque de collision avec un bout de satellite. L'alerte a été donnée par les USA qui ont évalué le danger et surveillé toute la journée la trajectoire de ce débris. A 14h, heure locale de Toulouse, les derniers calculs de la Nasa ont confirmé que le danger était avéré. La manœuvre d'évitement rapide a été engagée», raconte Patrice Benarroche, chef des opérations au centre de contrôle de l'ATV du CNES qui était aux commandes lors de la manœuvre d’évitement, en coordination avec la Russie et Houston.

Une première mondiale, et certainement intergalactique, réussie. Jusqu'en août et l'amarrage de l'ATV à l'ISS, il fallait au moins 24 heures pour réaliser cette procédure d'évitement, assez contraignante, qui oblige l'équipage à se mettre en sécurité.

Si ces spécialistes sont capables de prévoir assez tôt le croisement de débris, «cela arrive qu'ils soient moins prévisibles. Nous avons des alertes très régulières, mais environ deux fois par an, il y a un débris difficile à prévoir, c'est dû à la forte activité solaire. Avant juillet, il n'y avait rien à faire dans ces cas-là, juste espérer que les calculs ne soient pas bons. C'est arrivé au moins deux fois», explique Patrice Benarroche.

Hausse des déchets spatiaux

Lundi, la Station internationale n'a pas été déplacée, sa vitesse a été modifiée et du coup sa trajectoire a évité celle du morceau de satellite.

Une procédure que les équipes toulousaines risquent de répéter souvent car les déchets spatiaux ne sont pas un mythe. «Leur nombre augmente et les alertes sont de plus en plus fréquentes... Mais les activités urgentes, c'est courant au sein de la Station», conclut Patrice Benarroche.