Toulouse: Rémi Fraisse, un passionné de botanique non violent

BARRAGE DE SIVENS L'incompréhension domine chez ceux qui ont connu Rémi Fraisse, retrouvé mort après des échauffourées sur le chantier du barrage de Sivens le week-end dernier...

Beatrice Colin

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Des experts sur le site où est mort le manifestant en marge des manifestations contre le barrage de Sivens, le 27 octobre 2014.
Des experts sur le site où est mort le manifestant en marge des manifestations contre le barrage de Sivens, le 27 octobre 2014. — REMY GABALDA / AFP

«Gentil», «discret». C'est ainsi qu'est décrit Rémi Fraisse par les gens qui l'ont connu, encore sous le choc de sa mort survenue dans la nuit de samedi à dimanche sur le chantier du barrage de Sivens.

A 21 ans, ce jeune habitant de Plaisance-du-Touch venait de décrocher un BTS Gestion et Protection de l'Environnement. L'engagement pour l'écologie de Rémi Fraisse n'était pas né avec la mobilisation contre le barrage de Sivens.

Un passionné de botanique

Il était un membre actif du groupe botanique de l'association Nature Midi-Pyrénées depuis une année. « Il a contribué à l'inventaire et au suivi de la flore protégée au printemps, en particulier de la Renoncule à feuille d’ophioglosse. C'était un passionné», explique Mathieu Menand, coordinateur du groupe.

«On ne comprend absolument pas comment il a pu se retrouver là. Il était très calme, très discret mais il apportait quand même ses idées», raconte le naturaliste qui a reçu à l'association de nombreux messages de consternation. Il avait évoqué notamment son opposition au projet de centre commercial sur le plateau de La Ménude, dans l'ouest toulousain. Nature Midi-Pyrénées, et la Fédération Nature Environnement Midi-Pyrénées à laquelle elle appartient, condamne les violences et aspire au retour d'une certaine sérénité.

«Pas un violent»

A Plaisance-du-Touch, où son père Jean-Pierre est conseiller municipal d'opposition, «c'est une onde de choc», explique Pascal Barbier, un ami de la famille aussi élu écologiste à Plaisance. «Rémi était quelqu'un de plutôt en retrait, nous ne comprenons pas pourquoi et comment cela a pu arriver. Il est gentil, de calme, ce n'est pas un violent, ni un casseur », assure ce proche qui était aussi samedi à la manifestation pacifiste de l'après-midi.

«Il y avait une sorte de feu qui couvait, mais la plupart des manifestants sont non violents. Mais dans tout rassemblement de cette nature il y a des éléments plus ou moins radicaux, on ne sait pas d'où ils viennent ni qui ils sont», poursuit Pascal Barbier qui rappelle qu'il n'y avait pas eu de mort sur une cause écologiste depuis 1977.

Un registre a été ouvert pour les habitants de sa commune au local de l'opposition situé à côté de la mairie, rue Maubec. Et lundi soir, près de 500 personnes se sont rassemblées en silence place du Capitole en mémoire du jeune homme.