Toulouse: Air France teste le biocarburant sur sa ligne Toulouse-Orly

AERONAUTIQUE La Lab'Line va expérimenter toutes les innovations technologiques de la compagnie en matière de développement durable...

Beatrice Colin

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Mardi, sur le tarmac toulousain, lors du lancement de la Lab Line d'Air France.
Mardi, sur le tarmac toulousain, lors du lancement de la Lab Line d'Air France. — B. Colin / 20 Minutes

Il y a un peu plus d'un an, le premier vol d'Air France alimenté en biocarburant avait lieu entre l'aéroport de Toulouse-Blagnac et Le Bourget à bord d'un Airbus A321.

Ce mardi, la compagnie aérienne a lancé officiellement sa Lab'Line, un vol hebdomadaire entre la Ville rose et Orly qui consommera un plein composé de 90% de kérosène d'origine fossile et 10% de biocarburant élaboré à partir de pulpe de cannes à sucre fermentée, produit au Brésil et appelé le Farnesane.

Facture énergétique réduite

«Sur un plein de 3.000 litres permettant de relier Toulouse à Paris, 2.700 litres sont du kérosène classique et 300 litres du biocarburant. S'il était produit en France, son utilisation permettrait de réduire jusqu'à 80% des émissions de gaz à effet de serre. Mais comme la canne à sucre pousse au Brésil, et par conséquent le biocarburant provient de ce pays, ce chiffre passe à 60%», explique Hervé Duchamps, responsable des énergies renouvelables chez Air France.

Développer une filière en France

L'expérimentation sur une année se limitera à un vol hebdomadaire. Car les responsables de la compagnie ne s'en cachent pas, le biocarburant «est plutôt coûteux».

Sans compter qu'il est produit au Brésil par une filiale de Total. «D'où l'importance de développer une filière en Europe», a lancé le président-directeur-général d'Air France, Frédéric Gagey. Une idée à l'attention des pouvoirs publics et notamment de Ségolène Royal, la ministre de l’Écologie, du développement durable et de l’énergie qui l'attendait à Orly à sa descente d'avion.

Algues, huile de friture...

En juin 2013, lors du premier vol, l'objectif affiché de la compagnie était d'atteindre d'ici une dizaine d'années «un taux d’incorporation de 30 à 40% à un coût compétitif, ce qui est plus compliqué», consentait Bertrand Lebel, directeur adjoint de la direction général organisation et développement durable d’Air France. La piste de l'huile de friture, déjà testée par KLM, ou des algues est aussi dans les tuyaux.

Champ d'innovations

Au-delà du carburant, cette Lab'Line va permettre à la compagnie de tester toutes ses innovations.

«Ce sera un champ de démonstration en matière de développement durable pour Air France et l'ensemble de ses partenaires, que ce soit Airbus, Safran ou Coca-Cola. Nous allons expérimenter les meilleures façons d'optimiser le poids en cabine, que ce soit en matière de déchets alimentaires ou grâce à des sièges plus légers. Nous voulons être sûrs que notre empreinte carbone continue à baisser», explique le PDG de la compagnie.

Pas question de greenwashing pour lui, mais plutôt, face à une hausse du transport aérien, de maintenir la contribution de l’aviation dans les émissions mondiales de CO2 à un niveau de 2%.