Toulouse: Microscope, un satellite sur les traces de Galilée, Newton et Einstein

SCIENCES Ce bijou technologique, présenté jeudi au Cnes (Centre national d'études spatiales), va permettre de poursuivre les travaux de plusieurs immenses physiciens…

Nicolas Stival

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Yves André, chef du projet Microscope au Cnes, explique le fonctionnement du micro-satellite.
Yves André, chef du projet Microscope au Cnes, explique le fonctionnement du micro-satellite. — Nicolas Stival / 20 Minutes

Il s’appelle Microscope, mais ce n’en est pas un. Le nom de la dernière création du Cnes, en collaboration avec d’autres agences françaises et européennes, signifie «MICRO-Satellite à traînée Compensée pour l’Observation du Principe d’Equivalence».

Concrètement? Cet engin de 320 kg, développé depuis l’an 2000 pour un coût de 206 millions d’euros, va observer l’universalité de la chute libre, selon laquelle deux objets de nature et de masses différentes touchent le sol en même temps.

D'immenses physiciens comme Galilée, Newton et Einstein se sont penchés sur le sujet. Ce dernier l’a utilisé pour sa théorie de la relativité générale. Depuis, ce principe a été testé avec une très grande précision sur terre.

Un lancement pas prévu avant avril 2016

«Au sol, il y a encore des limitations comme les activités sismique et humaine, relèvent toutefois les scientifiques à l’origine de Microscope. Pour en sortir, il faut aller dans l’espace.» La précision des travaux y est cent fois supérieure, à la quinzième décimale près.

La pomme chère à Newton et à Gotlib est remplacée par un, ou plutôt deux cylindres de masse différente. «Soit il n’y a pas violation du principe d’équivalence, et il faudra pousser les recherches encore plus loin, soit il y aura violation, et cela bouleversera la physique fondamentale», explique Yves André, chef du projet Microscope au Cnes. De quoi attirer un autre Prix Nobel à Toulouse après celui de l’économiste Jean Tirole

Mais pas tout de suite. Pour le lancement par une fusée Soyouz depuis la base de Kourou, en Guyane, le micro-satellite et ses concepteurs devront attendre au minimum avril 2016. Ensuite, cette merveille technologique, aussi précise que complexe, pourra travailler pendant au moins 18 mois.