Toulouse: «L’Europe, une belle récompense pour le Fenix», selon Christophe Kempé

HANDBALL Alors que le club toulousain se déplace mercredi en Allemagne, l’ancien pivot international se plonge dans ses souvenirs européens…

Propos recueillis par Nicolas Stival
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Christophe Kempé sous le maillot de l'équipe de France face à la Chine, lors des Jeux olympiques 2008 à Pékin.
Christophe Kempé sous le maillot de l'équipe de France face à la Chine, lors des Jeux olympiques 2008 à Pékin. — Kevin Frayer/AP/SIPA

Champion olympique, du monde et d’Europe avec l’équipe de France, Christophe Kempé (39 ans) est désormais chargé d’affaires pour la société de nettoyage industriel SPH, à Labège. L'ex-pivot toulousain garde toutefois un œil attentif sur le handball et en particulier sur le club où il a passé 12 saisons jusqu’à sa retraite, en 2010.

Forcément, l’ancien boute-en-train des Bleus se réjouit du retour du Fenix sur la scène continentale, ce mercredi à Melsungen en Coupe EHF. L’occasion aussi de se souvenir des deux précédentes participations du club à une Coupe d’Europe, en 1998-1999 puis en 2003-2004.

Comment vivez-vous le retour de Toulouse en Coupe d’Europe après onze ans de disette?

C’est une belle récompense pour le club, pour son superbe parcours, même si le Fenix a appris la nouvelle un peu tard. C’est un très beau bonus. Et puis, les joueurs vont se déplacer à l’étranger, pas comme nous en 2003. L’intérêt de la Coupe d’Europe, c’est aussi de sortir de la routine du championnat de France.

Que s’était-il passé à l’époque?

Nous avions joué les deux matchs de Challenge Cup à Toulouse contre les Russes de Voronezh. Le club avait payé pour pouvoir disputer le retour à domicile, et éviter ainsi un voyage au fin fond de la Russie. On s’était fait sortir dès nos débuts dans la compétition (31-31 puis 32-35)... Mais je préfère me souvenir de la Coupe d’Europe des vainqueurs de Coupe en 1999.

Racontez-nous…

Nous avions éliminé des clubs belge (Merksem) et néerlandais (Aalsmeer), avant de rencontrer les Macédoniens de Skopje en quart de finale. Il s’était passé des choses bizarres à l’aller, là-bas. L’arbitre faisait une drôle de tête à la fin du match.

C'est-à-dire ?

Je pense qu’il n’était pas venu gratuitement… A cinq minutes du coup de sifflet final, nous étions menés de deux buts. Et nous nous sommes retrouvés avec un retard de sept buts avant le match retour (26-19). Les dirigeants macédoniens ont proposé de l’argent à Claude Onesta et Claude Merz (entraîneur et président de Toulouse à l’époque) pour organiser le match retour. Finalement, on a joué ce match à Toulouse, dans l’ancien Palais des sports, plein. Il y avait une ambiance fabuleuse. C’est mon meilleur souvenir européen, malgré l’élimination (après une victoire insuffisante, 27-24).

Connaissez-vous cette équipe de Melsungen ?

Mon ami Franck Junillon, qui y a joué deux saisons, m’en a parlé. C’est un club à l’ancienne, qui fait confiance à de jeunes joueurs allemands ainsi qu’à quelques étrangers qui ne sont pas forcément des stars, mais qui adhèrent à un projet. Les Allemands s’appuient sur de gros gabarits, mais le Fenix a montré en D1, notamment contre Chambéry et Dunkerque, qu’il pouvait répondre au défi physique.

Qu’attendez-vous du Fenix ?

Il faut absolument limiter les dégâts pour avoir un match retour jouable. J’encourage d’ailleurs tous les Toulousains à venir supporter l’équipe le 19 octobre au Palais des sports car la Coupe d’Europe, ça n’arrive pas tous les ans. Cependant, ce n’est pas non plus un bon tirage pour les Allemands, qui se retrouvent face à des stars comme Jérôme Fernandez, Valentin Porte ou Cyril Dumoulin.