Les sous-traitants d'Airbus s'alarment

RESTRUCTURATION Les PME sous-traitantes d'Airbus ne veulent plus rester silencieuses. Spectatrices impuissantes, selon elles, du plan Power 8, elles craignent de se retrouver en première ligne du plan de réduction des coûts d'Airbus. « La part du gâteau s'est consid...

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Les PME sous-traitantes d'Airbus ne veulent plus rester silencieuses. Spectatrices impuissantes, selon elles, du plan Power 8, elles craignent de se retrouver en première ligne du plan de réduction des coûts d'Airbus. « La part du gâteau s'est considérablement réduite dès septembre 2006, indique un prestataire de services préférant conserver l'anonymat. Depuis six mois, nous appliquons une ristourne de 5 % dite "Power 8" afin de montrer à Airbus que nous sommes sensibles à leurs difficultés. » Malgré cela, le chiffre d'affaires de cette PME de douze associés, qui a dû licencier une personne, a baissé de 60 % en six mois. Sans obtenir de garanties de nouveaux contrats pour l'avenir.« Chez nous il n'y aura pas de reclassement mais des licenciements secs, lance Alain Pizzut, dirigeant de la Sopymep, spécialisée dans l'usinage de pièces. Il y a un an et demi, Airbus m'a fait comprendre que si je voulais rester sur le marché, je devais délocaliser. Or, depuis janvier 2007, on ne nous appelle plus pour les pièces de trappes de l'A320. Elles sont désormais fabriquées au Maroc où un salarié coûte 200 € par mois. Dans ma société il me coûte vingt fois plus cher », ajoute le chef d'entreprise. Inquiets des méthodes appliquées par Airbus, les sous-traitants s'alarment aussi de son silence. « Officiellement, on ne nous a rien dit des conséquences de Power 8 sur nos sociétés. On craint maintenant que le plan soit réellement appliqué après l'élection présidentielle. »

Philippe Font