Top 14: Stade Toulousain, en avant doute!

RUGBY L’ancienne équipe phare du rugby français a chuté pour la troisième fois consécutive samedi contre Clermont et rentre dans le rang…

Nicolas Stival

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Le capitaine du Stade Toulousain Thierry Dusautoir est pris dans la nasse de Clermont (ici Julien Bonnaire) en Top 14, le 13 septembre 2014 au stade Ernest-Wallon de Toulouse.
Le capitaine du Stade Toulousain Thierry Dusautoir est pris dans la nasse de Clermont (ici Julien Bonnaire) en Top 14, le 13 septembre 2014 au stade Ernest-Wallon de Toulouse. — P. Pavani / AFP

Du jamais vu depuis la saison 1977-1978. Le Stade Toulousain a concédé samedi sa troisième défaite d’affilée en championnat. Après deux revers à La Rochelle (37-25) et Brive (26-19), l’ancienne terreur du Top 14 a chuté à domicile devant Clermont, leader après cinq journées (9-13).

Elle a même essuyé les huées du public d’Ernest-Wallon en toute fin de match. Au lieu de viser l’essai transformé, qui lui aurait permis d’obtenir un match nul, la formation de Guy Novès a préféré taper l’ultime pénalité, réussie par Toby Flood, pour sauver le bonus défensif.

Trop de lacunes

«Je comprends que les gens aient envie qu'on joue la gagne jusqu'au bout mais il faut prendre ses responsabilités et faire le bon choix, il me semble qu'on l’a fait, a réagi le manager général toulousain. Malgré ce résultat négatif, on a répondu présent dans des secteurs où tout le monde nous attendait. Il y a dans cette défaite une forme de satisfaction dans nos problèmes actuels.»

Méthode Coué? Talon d’Achille du Stade en ce début de saison, la mêlée a un peu réagi contre Clermont. Mais, privé d’Imanol Harinordoquy (blessé), la meilleure recrue de l’été à ce jour, le secteur de la touche a souffert… Et les nombreuses scories qui polluent le jeu de mains n’ont pas été gommées.

«On a vu Clermont, Montpellier ou Castres s'incliner à domicile, c'est notre tour, relativise également le troisième ligne Grégory Lamboley. On va être obligé de sortir du positif de cette défaite car si on ne retient que ce qui ne va pas on va s'enterrer.»

Un calendrier compliqué

L’inquiétude des supporters stadistes, de moins en moins assidus à Ernest-Wallon, ne vient pas seulement d’un début de Top 14 raté (deux victoires, trois défaites). La saison dernière, conclue pour la première fois depuis 1994 hors du dernier carré du championnat, les avait déjà alarmés. La recette du cocktail gagnant (pack dominateur – buteur régulier – trois-quarts inspirés) a été égarée.

Après avoir écrasé la concurrence ces vingt dernières années (neuf Boucliers de Brennus, quatre Coupes d’Europe), le Stade Toulousain donne l’impression de rentrer dans le rang. Le club possède toujours, et de loin, le plus gros budget du Top 14 (35 millions d’euros) et des internationaux dans toutes ses lignes.

Mais la meilleure équipe Rouge et Noire actuelle s’appelle Toulon, auteur du doublé en 2014. Clermont tient toujours le choc. Les puissances (ré)émergentes que sont Montpellier, le Stade Français ou le Racing-Métro s’affirment de plus en plus. Les Toulousains vont rapidement avoir l’occasion de se mesurer à elles.

Ils rendront en effet visite à leurs amis du Racing samedi, avant d’enchaîner par un nouveau déplacement à Bayonne, puis d’accueillir coup sur coup le Stade Français et Toulon. De nombreux joueurs absents actuellement devraient faire leur retour. Cela ne pourra plus servir d’excuse aux balbutiements observés depuis des mois.