La ville rose unie contre Power 8

MANIFESTATION Plus de 80 % des salariés d'Airbus ont déserté hier matin ateliers et bureaux. Ils ont déferlé dans le centre-ville de Toulouse

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Plus de 80 % des salariés d'Airbus ont déserté hier matin ateliers et bureaux. Ils ont déferlé dans le centre-ville de Toulouse pour dire unanimement « Non ! » au plan de restructuration Power 8, rebaptisé « Power hate » sur les pancartes. « Voilà dix ans qu'on n'est pas descendu dans la rue. J'espère que la direction en tiendra compte et révisera ce plan dont on ne sait pas s'il est fait pour assurer l'avenir ou des bénéfices aux actionnaires », expliquait un technicien des essais en vol. Un défilé unitaire de plus de 12 000 personnes et aux couleurs des célèbres parkas bleu marine de l'avionneur. Un cortège peuplé aussi de politiques de tous bords : le maire UMP de Toulouse, manifestant derrière un panneau « non à l'oppression des actionnaires », suivi par les pontes socialistes du département. Ils ont tous croisé un Olivier Besancenot, fatigué, tractant pour une « nationalisation » d'Airbus. Cette union sacrée, même de façade, se retrouvait dans la rue. Témoin, Ghislain, un primeur du marché de Chrystal : « D'habitude, je déteste les manifs. Mais là, il s'agit d'un symbole. De dirigeants qui se sont engraissés avant de laisser des travailleurs sur le carreau ! »

H. M.