Jeunes étrangers isolés: Des travailleurs sociaux en colère

SOCIAL Des manifestants ont protesté contre la décision du conseil général de Haute-Garonne de ne plus prendre en charge les jeunes en difficulté de plus de 19 ans, étrangers et français…

20 Minutes avec AFP

— 

Des mineurs étrangers isolés dans un lieu d'accueil et d'orientation (LAO) de la Croix-Rouge
Des mineurs étrangers isolés dans un lieu d'accueil et d'orientation (LAO) de la Croix-Rouge — Mehdi Fedouach AFP

Plus d’une centaine de personnes, essentiellement des travailleurs sociaux, ont manifesté lundi à Toulouse contre la décision du conseil général de Haute-Garonne de ne plus prendre en charge les jeunes en difficulté de plus de 19 ans, étrangers et français.

Le président du conseil général, Pierre Izard (PS) avait assuré, jeudi dans un communiqué, que la Haute-Garonne n’avait plus les moyens de prendre en charge l’ensemble des jeunes isolés étrangers, en s’inquiétant d’«arrivées massives». Il avait alors annoncé la fin des hébergements pour les jeunes de plus de 19 ans.

«Cet arrêt des prises en charge concerne actuellement à Toulouse une cinquantaine de jeunes majeurs étrangers, placés auprès de l’aide sociale à l’enfance quand ils étaient mineurs. Mais la mesure va s’appliquer aussi aux jeunes Français qui ont subi dans l’enfance des maltraitances de toutes sortes», a affirmé un élu du personnel au conseil général, Stéphane Borras, du syndicat SUD.

346 jeunes isolés étrangers suivis par le conseil général

«Ce qui attend ces jeunes (majeurs étrangers, sans papiers), c’est la prostitution, la délinquance», a assuré un manifestant, l’éducateur Patrick Gennequin, très remonté. «Pour leur procédure de naturalisation, on leur a demandé de rentrer dans des projets de formation professionnelle. Et voilà qu’on nous dit d’arrêter leur prise en charge à 19 ans, pour des raisons financières. Ils vont sortir sans logement, sans papiers, donc sans travail. Ils feront quoi?» a demandé cet éducateur d’un établissement toulousain accueillant des jeunes en difficulté, La grande Allée.

Actuellement, 346 jeunes isolés étrangers sont suivis par les services du conseil général. Au cours des deux derniers mois, 62 jeunes supplémentaires se sont présentés, avait indiqué Pierre Izard.

Les éducateurs ont bien constaté durant l’été un afflux de jeunes originaires d’Asie, d’Afrique ou du Moyen-Orient. Mais c’est «un épiphénomène statistique» dans une grande ville comme Toulouse, a jugé M. Borras, et «il n’y a pas du tout d’invasion de la Haute-Garonne par les mineurs isolés».

Aux yeux des manifestants, le conseil général poursuit «un bras de fer politique avec l’Etat», alors que la réforme territoriale prévoit la suppression des départements, «mais ce n’est pas aux jeunes de payer pour tout ça.»