Une visite de l'autre côté du périph toulousain

INITIATIVE A l’occasion des Journées du patrimoine, un collectif propose une visite de la rocade à bord d’un bus Tisséo…

Béatrice Colin
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Le collectif Urbain, trop urbain, créé en 2010, a déjà réalisé huit tours à pied de la rocade.
Le collectif Urbain, trop urbain, créé en 2010, a déjà réalisé huit tours à pied de la rocade. — Sophie Léo / Urbain, trop Urbain

«Le périphérique de Toulouse représente un anneau autoroutier de 35 kilomètres encerclant la ville, presque entièrement à deux ou trois voies. Cet anneau n’en est en réalité pas tout à fait un: il s’agit en fait de deux branches reliant l’autoroute A61 et l’autoroute A62». C’est la définition laconique faite par Wikipédia de la rocade toulousaine. Loin de l’image poétique et artistique que les membres de l’association toulousaine Urbain, trop urbain s’en font et qu’ils partageront le 20 septembre prochain, lors de la 31e édition des Journées européennes du patrimoine.

35 km dans un bus Lineo

A l’occasion de ce rendez-vous incontournable, ils organisent un tour complet de cette artère fréquentée tous les jours par 111.000 véhicules en moyenne à bord d’un bus Linéo, affrété pour l’occasion par Tisséo. Lors de ce Périph’Strip, les organisateurs promettent aux curieux que «Jamais tourner en rond ne vous aura paru aussi déroutant».

Et ils savent de quoi ils parlent. Entre septembre 2012 et septembre 2013, ils ont réalisé huit marches autour de la rocade. «Nous avons fait le tour du côté intérieur pour voir les limites de la ville et nous interroger et documenter sur les rapports de Toulouse avec sa frontière, une espèce de marge intérieure au Grand Toulouse qui échappe aux règles communes», explique Claire Dutrait, l’une des fondatrices du collectif qui compte éditer en novembre un livre sur le sujet.

Territoire mal aimé

Au cours de leurs déambulations, ces artistes ont observé une flore insoupçonnée. Du jonc fleuri, des acacias, du mouron d’eau. Mais aussi des «lieux surprenants à la limite de la légalité» et des gens qui vivent à côté du bitume dans «un type d’habitat très inventif». Les occupants de ces «domiciles précaires» migrent le long des barrières de sécurité, un jour du côté ouest, deux mois plus tard au nord de la rocade.

Et à chaque découverte correspond désormais un souvenir. «La première fois qu’on reprend la voiture, on apprécie la route parce qu’on se souvient de ce qu’on a vu derrière la glissière. C’est important de montrer aux Toulousains une autre facette de la ville, le périphérique fait partie du patrimoine mais c’est un territoire mal aimé. Nous, nous avons envie de le construire comme un paysage», poursuit Claire Dutrait. Et pour rendre vivant cette visite, six artistes* mettront en scène grâce à des poèmes et aquarelles les trésors insoupçonnés du périph.

* Jean-Yves Bonzon, Matthieu Duperrex, Claire Dutrait, Sophie Léo, Frédéric Malenfer et Uttarayan

Pratique

Le samedi 20 septembre, trois voyages en bus seront gratuitement affrétés au départ de la station de métro des Argoulets (ligne A). Pour pouvoir monter à bord, il faut absolument s’inscrire sur le site Périph’Strip sur l’un des créneaux horaires: 14 h, 16 h 30 ou 18 h 30. L’ouverture des inscriptions débute ce mardi à 9h.