Toulouse: L'idée des HLM au fil de l'eau

PATRIMOINE Jolies mais délabrées, les maisons éclusières de VNF aux Amidonniers intéressent l’office HLM départemental…

Helene Menal

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Jean-Michel Fabre avec les habitants des maisons éclusières du Bassin des filtres
Jean-Michel Fabre avec les habitants des maisons éclusières du Bassin des filtres — H. Ménal / 20 Minutes

Seuls quelques joggers initiés et les habitants du secteur connaissent ce petit coin de paradis caché derrière les bretelles routières des Ponts-Jumeaux. Dans un écrin de verdure, une trentaine de charmantes bâtisses se délabrent lentement. Ce sont des maisons éclusières, un patrimoine géré par Voies navigables de France pour le compte de l’Etat. Certaines sont vides, mais 27 agents de VNF logent encore là avec leurs familles.

Préserver le poumon vert

Seulement, le cachet et le loyer modique, ça ne fait pas tout. «Ces chalets ne sont pas isolés, ils sont impossibles à chauffer», explique un agent. VNF multiplie les projets de réhabilitation depuis plus de dix ans. Mais l’immobilier n’est pas son métier et ses crédits sont destinés aux voies fluviales. «Nous avons donc eu l’idée d’une opération blanche qui consisterait à imaginer un projet puis à le confier à un opérateur qui s’y retrouverait en augmentant le nombre de logements», expose Roland Bonnet, responsable du développement de la voie d’eau. Depuis près de deux ans, le dossier est concerté avec les agents résidents qui bien entendu y seraient relogés. Il prévoit pour l’heure 76 logements, des bâtiments pas plus hauts que deux étages et, surtout, la préservation du poumon vert.

Accord de principe de VNF

De quoi mettre la puce à l’oreille de Jean-Michel Fabre (PS), le conseiller général du canton qui est aussi le président de l’Office public de l’Habitat 31, le bailleur social du Département. «Ces projets, c’est notre cœur de métier. Et mieux vaut que l’opérateur soit public», dit l’élu. D’autant que la loi Duflot favorise la vente des terrains de l’Etat aux collectivités, avec une décote s’il y a du logement social. Voilà pourquoi, en juillet, l’élu a écrit à la direction de VNF pour «proposer les services de l’OPH 31», non seulement pour les Amidonniers mais aussi pour les six autres maisons éclusières inoccupées du département. La réponse est arrivée mercredi: VNF est d’accord pour collaborer.

Une expérience de portée nationale

Son directeur, Marc Papinutti, va même plus loin. «Cette démarche expérimentale pourrait servir de base à la politique de l’établissement public VNF pour la gestion de son parc immobilier», écrit-il. Du côté du bassin des Filtres, les habitants espèrent que ce coup de théâtre ne va pas plomber le calendrier du projet et retarder leur relogement. «Il y a déjà des années qu’on nous promène, il ne faudrait pas que ça continue», prévient Patrick, un retraité de VNF.