Toulouse: Le Muséum pouponne ses nouveaux pensionnaires

SCIENCES Dans les coulisses du Muséum, les équipes s’affairent pour la prochaine exposition dédiée aux bébés animaux…

Beatrice Colin

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Un bébé Foulque, naturalisé par le taxidermiste du Muséum, pourrait intégrer l'exposition bébé animaux
Un bébé Foulque, naturalisé par le taxidermiste du Muséum, pourrait intégrer l'exposition bébé animaux — Beatrice Colin

Au sous-sol du Muséum, de grosses caisses en bois attendent d’être déballées. Elles viennent d’arriver tout droit de Bruxelles, là où durant 14 mois les visiteurs en culotte courte du Muséum des sciences naturelles de Belgique ont pu admirer l’exposition Bébés animaux, une coproduction des deux institutions. Ludique, pédagogique et adaptée aux plus jeunes, elle ouvrira ses portes au grand public le 16 octobre prochain. Ces visiteurs non-lecteurs pourront découvrir la vie des petits, leurs rapports avec leurs géniteurs et «toucher avec les yeux» un bébé gorille, un éléphanteau, un caïman noir ou un simple têtard.

125 bébés exposés

D’ici là, l’équipe s’affaire à restaurer les spécimens qui en ont besoin ou à remplacer un ou deux des 125 bébés naturalisés qui seront exposés. Dans son atelier, Brian Aïello, le taxidermiste du Muséum, est penché sur une table en acier, fil de fer, pinceau et scalpel à portée de main. Ce chirurgien de la restauration animale, qui a redonné vie l’an dernier à l’ourse Cannelle, déploie délicatement les ailes d’un paonneau découvert l’année dernière dans les allées du jardin des Plantes. «Sur les petits, c’est parfois délicat car il y a la pousse des plumes et le crâne n’est pas ossifié», explique ce spécialiste. Une fois terminé, ce bébé paon de deux à trois semaines pourrait s’insérer dans la scénographie de l’exposition temporaire. A terme, il alimentera la collection d’oiseaux du Muséum, l’une des plus riches d’Europe grâce à Victor Besaucèle, un ornithologue du siècle dernier. «Ces spécimens partiront peut-être par la suite avec l’exposition dans d’autres muséums», avance Brian Aïello.

Dons et notoriétés

Sur sa paillasse trône un drôle de poussin à tête rouge et au plumage presque angora. Ce bébé Foulque a été récupéré du côté de Lavaur, dans le Tarn. «Nous nous sommes rendu compte en préparant cette exposition que nous avions peu de jeunes spécimens, par principe nous cherchions toujours à constituer des séries d’animaux adultes. Aujourd’hui, grâce aux centres de soins, aux élevages et aux zoos, c’est plus facile de récupérer de jeunes spécimens et nous commençons à être bien dotés», relève Pierre Dalous, conservateur et ornithologue au Muséum. Quarante animaux, parfois rares, sont ainsi accueillis chaque année. Un afflux de dépouilles qui est aussi dû à la notoriété grandissante de l’établissement toulousain. Ainsi, au cœur de l’été, il a hérité d’une girafe adulte, morte dans un parc zoologique, et qui devrait un jour reprendre vie dans ses vitrines.

Visiteurs

A Bruxelles, en mars 2013 et juin 2014, 192 971 visiteurs sont allés découvrir l’univers des bébés animaux. Après le succès de l’expo Ours et ses 123 000 visiteurs, le Muséum de Toulouse faire aussi bien… d’autant que l’an dernier, 13 % de ses quelque 243 000 visiteurs étaient des tout-petits. Signe de l’intérêt à venir, des crèches ont déjà réservé.