Les salariés toujours pas prêts à avaler la pilule d'Airbus

RESTRUCTURATION Demain, la mobilisation s'annonce importante pour la manifestation des salariés d'Airbus. Car la pilule du plan Power 8 et sa cohorte de 4 300 suppressions d'emplois en France, dont 1 100 au siège social à Toulouse, a toujours du mal à passer. « Ce q...

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Demain, la mobilisation s'annonce importante pour la manifestation des salariés d'Airbus. Car la pilule du plan Power 8 et sa cohorte de 4 300 suppressions d'emplois en France, dont 1 100 au siège social à Toulouse, a toujours du mal à passer. « Ce qui fait le plus mal, c'est la cession de sites », explique François, ingénieur en informatique à Saint-Martin-du-Touch, qui manifestera demain par solidarité. S'il se dit peu inquiet pour sa situation personnelle, il supporte mal la façon dont Airbus se sépare de ses salariés. « C'est égoïste, il y a sûrement des moyens pour les garder sans en arriver à ces extrémités. »A 28 et 32 ans, Julian et Christophe pensaient avoir leur avenir tout tracé chez Airbus. Eux aussi iront défiler dans les rues pour manifester leur inquiétude. Recrutés il y a quatre ans dans le département finances, les deux hommes ne se font guère d'illusions sur leur futur. « On sait que nos postes seront externalisés en Europe de l'Est, comme Cap Gémini l'a fait en Pologne. Au lieu d'une centaine, d'ici à quatre ans nous ne serons plus qu'une dizaine en France. Les autres emplois seront basés en Roumanie ! », pronostiquent-ils. Ce qui les inquiète ? « Rester dans le flou total par rapport à nos situations personnelles. » Car l'un a acheté une maison il y a six mois et le second fait construire la sienne à une vingtaine de kilomètres de Colomiers. « Heureusement, à notre âge on peut rebondir plus facilement. Mais cela ne sera pas le cas pour nos collègues qui ont entre 35 et 55 ans... »

Philippe Font