Toulouse: Des scaphandriers d'eau douce multi-tâches

INSOLITE Un Toulousain pure souche a monté une entreprise de travaux sous-marins. Et bizarrement, même en eau douce, les débouchés ne manquent pas…

Helene Menal

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Toulouse, le 1er septembre 2014 - les plongeurs de la société CDTSM en reconnaissance dans la Garonne
Toulouse, le 1er septembre 2014 - les plongeurs de la société CDTSM en reconnaissance dans la Garonne — Hélène Ménal / 20 Minutes

En ce moment, l’équipe contrôle l’étanchéité des clapets du barrage d’Auterive. Cet été, elle a plongé dans la Garonne pour scier d’énormes pieux, dégager un batardeau, et mettre en eau la toute nouvelle centrale hydroélectrique municipale de la Cavaletade, près de l’Oncopôle. Et régulièrement, elle s’immerge dans le Canal du Midi pour inspecter les écluses. «On court du matin au soir», assure Cédric Durigon, le patron de CDTSM, cette entreprise de trois salariés spécialisée dans les travaux sous-marins.

Stations d’épuration et centrale nucléaire

Le Toulousain, scaphandrier diplômé de classe 2, a trimballé ses bouteilles à oxygène sur plusieurs océans. Quand il a fini par rentrer au pays, il a choisi de s’entêter sur le même créneau professionnel. Et il faut croire qu’il y a aussi de quoi faire en eau douce pour les hommes-grenouilles. «Si près des Pyrénées, les barrages hydroélectriques sont nombreux. Mais nous plongeons dans tous les milieux: les bassins de la centrale nucléaire de Golfech ou les stations d’épuration par exemple», détaille le plongeur reconverti en maxi-bricoleur. «Il faut savoir souder, mais aussi couler du béton sous l’eau, la plupart du temps dans le noir, raconte-t-il. On finit par savoir tout faire». Et même des repérages archéologiques.

Circuit touristique sous-marin

Car le spécialiste nourrit aussi une passion pour les fouilles sous-marines. Il inspecte régulièrement les fonds de la Garonne. Il y trouve beaucoup d’armes récentes mais aussi pas mal de vestiges de vieux moulins flottants. Son association de passionnés a aussi repéré le vieux pont de bois qui servait aux ouvriers pendant la construction du Pont-Neuf. Cette activité annexe a attiré l’attention du Club économique «Au fil de l’Ô» créé par les acteurs fluviaux de la Ville rose. Sa présidente Valérie Piganiol est séduite par l’idée de proposer aux amateurs de plongée des visites guidées du patrimoine sous-marin.