AZF : Une troupe fait son trou près du cratère

INSOLITE Treize ans après la catastrophe, des comédiens vont investir le site de l'ex-usine pour dérouler leur ovni théâtral...

Julie Rimbert

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Les "LabOrateurs" ont commencé à répéter sur le site.
Les "LabOrateurs" ont commencé à répéter sur le site. — Julie Rimbert / 20 Minutes

Utiliser l’ancien site de l’usine AZF comme scène de théâtre pour poser la question de la mémoire commune, seuls des artistes insouciants ou fous pouvaient se le permettre. Les LabOrateurs l’ont fait. Issus de la section d’Art Dramatique du conservatoire de Toulouse-Midi-Pyrénées, les dix comédiens de cette association présenteront, cette création décalée baptisée «Hyperland» à la veille des treize ans de la catastrophe.

Faire revivre un lieu emblématique

Sous la forme d’une déambulation nocturne guidée uniquement à la lampe torche, le public sera invité tout au long du parcours à s’arrêter auprès de figures énigmatiques qui s’interrogent et doutent. «Le spectacle ne raconte pas l’histoire de l’explosion mais veut redonner de la vie dans des lieux où la présence humaine a subitement disparu, des lieux chargés d’un vécu, porteurs de mémoire collective, détaille Pascal Papini, le régisseur général. Il pourrait tout aussi bien être joué dans un immeuble désaffecté ou un site archéologique. Mais le lieu emblématique pour les Toulousains reste AZF».

Les victimes consultées

Pour éviter toute polémique, les comédiens ont rencontré les associations de victimes, les anciens salariés et tous ceux qui avaient une anecdote à raconter sur l’usine. «En jouant des scènes à l’entrée de l’usine ou près du gros tuyau qu’on aperçoit depuis la rocade, nous voulons déplacer le regard de la mémoire d’AZF, souligne Quentin Quignon, acteur de 25 ans. Nous cherchons à ouvrir ce site sur un plus large imaginaire, sur nos interrogations face aux fatalités de ce monde».