Toulouse: Le nouveau «code» de navigation crée déjà des remous

SOCIETE Les règles changent sur la Garonne toulousaine. Pour les rameurs et pêcheurs notamment, qui vont pouvoir naviguer plus souvent. Mais pas pour les croisiéristes qui sont en ébullition…

Helene Menal

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Les croisières sur la Garonne sont soumises à des règles que les professionnels juent trop contraignantes.
Les croisières sur la Garonne sont soumises à des règles que les professionnels juent trop contraignantes. — F. SCHEIBER / 20 MINUTES

A Toulouse, c’est l’échelle du Pont-Neuf qui donne le diapason aux marins d’eau douce. Jusqu’à présent, quand la cote des eaux y atteignait 1 mètre, la Garonne était interdite à la navigation. Mais un nouveau règlement entre en vigueur ce lundi 1er septembre. Il rehausse la cote des plus hautes eaux navigables à 1,40 m pour les pratiques «encadrées» de l’aviron et du canoë-kayak. Les rameurs pourront sortir plus souvent.

198 jours de «chômage»

En revanche, pour les bateaux de croisière qui promènent les touristes, c’est le statu quo: la cote maximum d’1 mètre, dépassée à 198 reprises en 2013, reste en vigueur. Au grand dam de Christian Delmas, le patron des Bateaux Toulousains. «Si l’on compare à la Garonne à Bordeaux, à la Seine à Paris, ou au Rhône à Lyon, on nous met des contraintes bien supérieures à la réalité de la catégorie de la voie d’eau. C’est presque irrationnel», écume le capitaine des deux Baladines qui, quand elles le peuvent, sillonnent Garonne et Canal. «Cette barre fictive nous empêche de travailler plus de 6 mois dans l’année. Cet été, elle a été franchie à trois ou quatre reprises. Cela frustre les touristes et nous pose un problème économique pour rentrer dans nos frais», renchérit Richard Munos, le PDG de Toulouse Croisières.

Question de sécurité

La Direction départementale des Territoires, à l’origine de ce non-lifting de la réglementation pour les gros bateaux, s’appuie pourtant sur des éléments concrets. «Côté Garonne, les crues peuvent être soudaines et importantes, explique-t-elle. L’écluse Saint-Pierre, unique accès au plan d’eau (…) ne peut être manœuvrée à une cote supérieure à 1 m». Au-delà donc, plus moyen de se replier sur le port Saint-Sauveur, à l’Embouchure, et de se mettre à l’abri de la montée des eaux. «L’idéal serait une tolérance jusqu’à 1,20m et que la mairie crée un port de repli sur la Garonne elle-même», avance Richard Munoz.

La municipalité n’a pas répondu à la sollicitation de 20 Minutes sur cette proposition alternative. D’ailleurs Pierre Cardinale, le porte-parole du Réseau fluvial, reproche aux élus locaux dans leur ensemble ne pas s’être mouillés dans la révision de la réglementation. Quant à Christian Delmas, il annonce qu’il va déposer un recours gracieux auprès de l’administration. S’il n’obtient pas gain de cause, le professionnel n’exclut pas d’attaquer ce nouveau «code de navigation» devant le tribunal administratif.