Les élus locaux au chevet des salariés d'Airbus

RESTRUCTURATION Hier, la situation d'Airbus a fait l'objet d'un débat au conseil municipal où tous les élus ont pris position contre les licenciements

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Des salariés de la chaîne d'assemblage de l'A 320 ont débrayé, hier à Saint-Martin-du-Touch. Touchés directement par le plan Power 8, ces employés reprochent pour la plupart aux hommes politiques français de ne pas avoir pesé plus dans l'élaboration du plan. « Cela a été très mal vécu, il y a eu un sentiment d'abandon, estime Marina Lensky, déléguée syndicale CFTC. Mais derrière Power 8, il y a autre chose. On se pose la question d'un deal entre la France et l'Allemagne, au-delà des intérêts d'Airbus. C'est pour cela que nous ne voulons plus parler de faiblesse de l'Etat français, c'est quelque chose de construit ».A défaut de prise de position du gouvernement, la CFTC n'est pas mécontente de voir enfin bouger les politiques locaux. Hier, la situation d'Airbus a fait l'objet d'un débat au conseil municipal où tous les élus ont pris position contre les licenciements. Martin Malvy, président (PS) de la région, a annoncé sa volonté de débloquer des fonds, « 30 millions d'euros seraient une somme raisonnable », afin que la collectivité locale devienne actionnaire d'Airbus. « Cela sera un moyen d'accéder à l'information, à la discussion voire à un rôle dans la politique stratégique », espère l'élu PS qui compte sur le ralliement d'autres régions liées à l'aéronautique pour peser dans la balance. Aquitaine Picardie et Pays de Loire sont déjà d'accord. De son côté Pierre Izard, patron (PS) du département, avoue son inquiétude pour la sous-traitance. « Les crédits du pôle de compétitivité pour la recherche et l'innovation aéronautique doivent être consacrés aux priorités d'Airbus. Il faut faire une réunion et étudier la faisabilité », martèle Pierre Izard qui fustige « le laisser-faire de Chirac et du gouvernement ».

P. F. et B. C.