Il faut sauver la Gergovie

Hélène Ménal

— 

Voitures ou bardas, tout doit être sanglé pour le parachutage.
Voitures ou bardas, tout doit être sanglé pour le parachutage. — H. Ménal/20 Minutes

Pour les habitants du petit village de Caylus, dans le Tarn-et-Garonne, le «D-Day» est prévu pour ce mardi. Et il n'y a pas que des parachutistes qui vont tomber du ciel aux aurores. Leurs 500 véhicules, paquetages, groupes électrogènes et autres matériels tactiques font aussi partie de ce largage taille XXL, impliquant 1  500 soldats français et britanniques.

Largueurs hors pair


Pour ne pas créer trop d'émoi, les villageois ont été prévenus qu'ils habitaient pour la semaine en Gergovie. Il s'agit du «pays imaginaire» inventé en haut lieu pour cet exercice conjoint baptisé «Tears of the Sun [» Les larmes du soleil «] 2». La Gergovie, à laquelle la Syrie n'a rien à envier, est une contrée où une insurrection populaire a été matée dans le sang par le pouvoir. L'anarchie y favorise l'émergence de milices terroristes armées jusqu'aux dents. C'est dans cette pétaudière, déjà infiltrée depuis plusieurs jours par des commandos de renseignement, que les bataillons engagés sous mandat de l'ONU vont devoir mettre de l'ordre. La Base opérationnelle aéroportée d'où partent les troupes n'est autre que celle de Francazal, transformée lundi en fourmilière. Deux grands camps de tentes surchauffées y ont été montés ainsi que le quartier général de l'opération. Lundi, les briefings s'y sont succédé, en anglais pour tout le monde, dictionnaires à l'appui. Tandis que les pilotes des Transall ou des Chinook, les hélicoptères de transport de troupes anglais, vérifiaient leurs appareils, les spécialistes en logistique du 1er Régiment du train parachutiste, qui opèrent à domicile, empaquetaient et sanglaient tout le matériel en vue du parachutage : des canons aux bouteilles d'eau. «Nous faisons partie des quelques nations à dominer toutes les tactiques de mise à terre», indique le lieutenant-colonel Millot, le chef de corps. Ses hommes sont notamment spécialisés dans le largage à très grande altitude, jusqu'à 8 000 mètres.

■ Force d'urgence

Cet exercice sert à roder une future force d'intervention rapide formée d'un bataillon d'infanterie français et d'un autre britannique. Il doit permettre «d'approfondir l'interopérabilité tant au niveau du commandement qu'au niveau tactique sur le terrain». Outre le 1er RTP de Francazal, le 8e RPIMa de Castres, le 35e RAP de Tarbes, le 17e RGP de Montauban et le 1er RCP de Pamiers participent aux opérations.