Des peurs à terrasser

Hélène Ménal

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A Toulouse, le chantier du tram a limité les dégâts pour 2013.
A Toulouse, le chantier du tram a limité les dégâts pour 2013. — F. Scheiber/20 Minutes

Quelque 2 000 emplois supprimés dans la région d'ici à trois ans. C'est le scénario catastrophe que brandissent la Fédération nationale des travaux publics (FNTR) et son président toulousain, Bruno Cavagné. Un «vent de panique» souffle sur cette profession dont le chiffre d'affaires dépend à 70 % de la commande publique. Elle a déjà perdu 2 300 salariés en Midi-Pyrénées entre 2007 et 2012.

Une visibilité quasi-nulle


Et si 2013 lui a accordé un léger répit grâce à l'accélération classique des chantiers qui précède les élections municipales, les perspectives s'assombrissent à nouveau. Les onze milliards de baisse de dotations de l'Etat aux collectivités locales poussent les élus à des arbitrages drastiques ou à reporter des projets d'entretien du réseau routier, des canalisations. La fusion annoncée des régions incite aussi à l'attentisme.

Résultat : les «carnets de commandes sont très faibles» et la visibilité des entreprises quasi-nulle. Elles disent avoir déjà épuisé toutes les solutions pour amortir les effets sur l'emploi : pose des congés payés par anticipation, chômage technique, recours moindre aux intérimaires. Elles en appellent désormais à une prise de conscience des élus.

■ Chiffres

Le secteur des travaux publics emploie 13 000 personnes en Midi-Pyrénées dont 6 700 en Haute-Garonne. 120 entreprises de la région ont mis la clé sous la porte depuis cinq ans.