Jacques Mitsch, une bête de cinéma

CESARS Le réalisateur toulousain est nominé samedi pour son court-métrage «Le Mammouth Pobalski»

©2006 20 minutes

— 

Cette fois, il compte bien l'emporter. Le cinéaste toulousain Jacques Mitsch, 50 ans, est passé à côté du césar en 1992 avec son Hermann Heinzel, ornithologue. Samedi, Pierre-Victor Bouvier, l'explorateur héros du Mammouth Pobalski*, pourrait bien ramener le trophée. Les critiques sont unanimes : ce court « un peu long » (35 minutes), déjà primé à Clermont-Ferrand, sort du lot. Au bar du quartier des Crêtes, en dégustant son café noir, Jacques Mitsch feuillette la presse et se réjouit d'y lire que son film suscite l'intérêt.En passant ses années de fac à la cinémathèque de Toulouse, l'étudiant en biologie se décide à changer d'orientation. Mais ses films restent marqués par son goût du naturalisme, des animaux et des grands espaces. C'est aussi un habitué du court métrage : il a longtemps réalisé un portrait quotidien pour Canal+, avant de passer aux documentaires. On le croirait bourru, mais il est surtout très réservé, loin de la grande gueule. Hormis un film coup de poing sur AZF, primé à New York, ses scénarios n'ont rien de politique ou d'engagé. « Je ne cherche pas à changer le monde », explique cet homme issu d'un milieu modeste.Son credo est plutôt l'humour décalé : il aime à faire jouer ses amis dans des tenues loufoques. Jacques Mitsch garde aussi un objet de chaque tournage, comme cette défense de mammouth qui trône dans son jardin... Dans Le Mammouth Pobalski, il a inventé, avec son comparse Jean-Marc Brisset, l'Oubalski, un pays imaginaire de Sibérie orientale, où l'on parle une langue drôle et bizarre empruntant au russe. « Maintenant, je m'attaque au long », se réjouit-il. On retrouvera sa patte dans son premier long métrage, produit cette année par Arte : l'histoire d'un cryptozoologue, un scientifique à la recherche d'animaux encore inconnus...

Lauriane Guigno