Il est conteur d'épaves

Hélène Ménal

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Gilles accumule les pièces d'avion. Il a retrouvé une trentaine d'épaves.
Gilles accumule les pièces d'avion. Il a retrouvé une trentaine d'épaves. — H. Ménal : 20 MINUTES

Durant la semaine, Gilles Collaveri négocie des ventes d'avions neufs pour le compte du constructeur ATR. Le week-end venu, le quinquagénaire chausse ses bottes et s'arme de pelles. Il passe sa tenue «d'archéologue aéronautique» et s'en va exhumer des épaves d'avions tombées dans l'oubli. Ce passionné a attrapé le virus il y a cinq ans. Le jour où un papy l'a entraîné vers un buisson derrière les chaînes d'Airbus en lui disant : «Venez, je vais vous montrer un endroit où un avion est tombé pendant la guerre.» Gilles Collaveri l'a suivi. «Mon guide a fouillé et il m'a sorti un morceau de bombardier allemand», raconte le Tournefeuillais.

Un espace à Aéroscopia


Depuis, il y a eu beaucoup d'autres hommes âgés à la mémoire intacte et beaucoup d'excursions. Sans compter les familles toute heureuses de reconstituer les dernières heures d'un aïeul pilote ou de récupérer un objet personnel lui ayant appartenu. «Au-delà de retrouver les pièces d'avion, j'aime reconstituer l'histoire qu'il y a derrière, celle des hommes», insiste le spécialiste qui travaille en lien avec les services régionaux de l'archéologie. Des pentes des Pyrénées aux sous-bois de la région, il a déjà retrouvé une trentaine d'épaves. La plupart datent de la Deuxième Guerre mondiale. Elles ont transformé sa maison en véritable musée. De la cave au jardin, les morceaux de métal oxydés et les ailettes de turbines sont rangés à côté des photos d'époque. Mais Gilles Collaveri rêve d'un vrai musée. Il a obtenu un espace d'exposition de 50 m2 dans le Saint des saints, le musée Aéroscopia qui doit ouvrir avant la fin de l'année à Blagnac (lire encadré). Les visiteurs pourront se familiariser avec l'archéologie aéronautique grâce à des bornes interactives. Chaque année, ils découvriront l'histoire d'une nouvelle épave. C'est un hydravion Latécoère qui doit ouvrir le bal. Parti pour rejoindre l'Afrique du Nord en 1940, en pleine débâcle, il s'est abîmé près de Montségur.

■ Financement participatif

Pour financer son projet d'espace dédié à l'archéologie aéronautique au sein du futur musée Aéroscopia, Gilles Collaveri a décidé de faire appel au crowdfunding. Il a ouvert un compte sur la plateforme Ulule : http://fr.ulule.com/archeologie-aeroscopia. Les dons récoltés donnent droit à une déduction d'impôt de 66 %. L'archéologue cherche aussi des entreprises mécènes. Renseignements sur www.facebook.com/archeonautique.