Une région taille XXL

Hélène Ménal

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Deux régions occitanes qui vont devoir se forger une nouvelle identité.
Deux régions occitanes qui vont devoir se forger une nouvelle identité. — A. Gelebart/20 Minutes

Les dés sont jetés : ce sera avec vue sur la mer et les sommets des Pyrénées. Sous réserve de la validation du Parlement, l'Elysée a choisi de fusionner Midi-Pyrénées avec sa voisine orientale, la région Languedoc-Rousillon. Conséquences et réactions.

Bond démographique. La super-région issue de cette réunion compterait treize départements et 5, 6 millions d'habitants. A titre de comparaison l'Aquitaine et Paca, dont les frontières doivent rester inchangées, en affichent respectivement 3, 2 et 4, 9 millions. Quand à la Catalogne, souvent citée comme rivale économique, elle approche les 7, 6 millions d'âmes.

Des réactions contrastées. Les twittos s'en donnent à cœur joie sur ce mariage du cassoulet et de l'olive et l'Ovalie réunifiée. Du côté des principaux politiques concernés, Martin Malvy (PS), le président de Midi-Pyrénées, prend la nouvelle avec pragmatisme. «Ce choix saute aux yeux quand on regarde une carte de France, je n'y vois aucune offense, dit-il. Ce qui compte pour nos concitoyens, nos universités et nos tissus économiques, c'est d'avoir l'étoffe des autres grandes régions du sud, dont la Catalogne, et d'être en capacité d'être en compétition avec elles.» Son homologue de Languedoc-Roussillon, lui, voit rouge. Christian Bourquin (PS) considère ce mariage forcé comme «une humiliation». Il part carrément en croisade contre le projet en lançant une pétition en ligne.

L'Aquitaine s'éloigne. Des élus toulousains auraient trouvé plus naturel une fusion avec l'Aquitaine, notamment en raison des liens existants dans le domaine aéronautique. Mais cette option aurait déclenché une guerre problématique entre Toulouse et Bordeaux pour le titre de capitale régionale. Elle aurait aussi isolé le Languedoc-Roussillon entre deux gros blocs, la super-région de l'ouest et Paca à l'est.

■ Un nom à trouver

Dans le bras de fer déséquilibré entre Toulouse et Montpellier pour devenir la capitale régionale, la décision tombera d'en haut, par décret. Baptiser la nouvelle entité «Région Midi-Pyrénées-Languedoc-Roussillon» serait laborieux. Sur la Toile, les propositions ne manquent pas, de Mididoc à Languedoc tout court en passant par Pyrénées-Languedoc, Martin Malvy verrait d'un bon œil que le nom soit issu d'une consultation populaire.