«Des avocats ont du mal à joindre les deux bouts»

Propos recueillis par Béatrice Colin

— 

Frédéric Douchez, le bâtonnier.
Frédéric Douchez, le bâtonnier. — Ordre des avocats de Toulouse

Une journée d'action est organisée par les avocats toulousains jeudi. Ils réclament une revalorisation de l'aide juridictionnelle, cette prise en charge par l'Etat des frais de justice des plus démunis. Le bâtonnier de Toulouse, Frédéric Douchez, explique les raisons de cette grogne.

Pourquoi désertez-vous les tribunaux ce jeudi ?

Malgré les promesses du candidat Hollande, l'aide juridictionnelle n'a pas été revalorisée et cela depuis sept ans. Pour défendre une personne dans le cadre d'une comparution sur reconnaissance préalable de culpabilité [plaider-coupable], un avocat va toucher 105 € pour recevoir son client, préparer sa défense et l'assister. Les sommes sont dérisoires. La France consacre autant par habitant à l'aide juridictionnelle que l'Azerbaïdjan…

Les justiciables y ont-ils de plus en plus recours ?

Les gens ont de moins en moins les moyens de se payer un avocat et font effectivement de plus en plus appel à l'aide juridictionnelle.

Les 1

400 avocats toulousains sont-ils nombreux à la pratiquer ?

Près de 450 avocats interviennent au quotidien dans le cadre des gardes à vue, des permanences, de l'application des peines. Très souvent c'est au titre de l'aide juridictionnelle et c'est particulièrement le cas des jeunes avocats qui tiennent souvent les permanences. Pour le commun des mortels, nous sommes des privilégiés, mais certains ont du mal à joindre les deux bouts. Il y a une paupérisation de nos métiers.

■ Mobilisation

Ce jeudi, toutes les audiences devraient être reportées sine die, hormis celles concernant des questions de détention. Une délégation apportera une motion en préfecture en fin de matinée.