Mieux cerner les syncopes

Béatrice Colin

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Localisation de Toulouse (Haute-Garonne).
Localisation de Toulouse (Haute-Garonne). — Capture d'écran / Google Map

Brutale et souvent de courte durée, la syncope ne prévient pas. Et dans 30 % des cas, il est difficile de savoir quelle en est l'origine. C'est ce qui est arrivé à un Toulousain de 26 ans. En un an, il a été victime de deux pertes de connaissance lors desquelles il a chuté, ce qui lui a causé des traumatismes. Après un premier bilan, rien n'est ressorti. Il a donc décidé de se rendre à l'unité spécialisée dans les syncopes créée il y a trois mois par la Clinique Pasteur. Son service de rythmologie lui a proposé de lui implanter sous la peau le plus petit moniteur cardiaque au monde et l'a posé le 16 mai. Ce dispositif permet de suivre en temps réel les battements du cœur de ce patient et savoir quand son rythme est trop lent ou trop rapide. Il est le premier dans le Sud-Ouest à avoir bénéficié de cette technologie mise au point par la société Medtronic et lancée dans sept établissements de soins en France. Jusqu'à présent les moniteurs cardiaques implantables avaient la taille d'une clé USB. Celui-ci est cinq fois plus petit et sa mise en place n'a nécessité qu'une incision de moins d'un centimètre.

«Une révolution»


«Sa miniaturisation est une révolution, le suivi à distance en est une autre. Tous les jours, une personne de la clinique va pouvoir suivre son rythme. Nous pourrons observer les signes précurseurs et alerter le patient si nécessaire. Et inversement, s'il ressent des symptômes anormaux, il pourra nous les signaler et nous vérifierons. Cela nous permet d'aller plus loin», explique le Dr Serge Boveda, du service de rythmologie interventionnelle de Pasteur qui espère ainsi poser plus facilement un diagnostic. Sans compter que ce micromoniteur a une durée de vie de trois ans, quand un « holter » traditionnel a une seule journée pour déceler une information pertinente. La clinique estime qu'elle pourrait à terme en implanter une cinquantaine par an si ce concentré de technologies, à 3 000 dollars pièce, vient à être pris en charge par la Sécu.

■ Fréquence

«Les syncopes représentent 1 à 2 % des hospitalisations aux urgences», note le Dr Boveda, qui reçoit dans son unité syncope 5 à 10 patients par semaine.