Arnaud-Bernard: un quartier où la solidarité prend racine

IMMIGRATION «Pas d'Arnaud-Bernard sans Azzedine.» Des artistes peintres à la chorale civique, en passant par les cafés où s'est réuni le comité de soutien, la mobilisation a été massive pour cet Algérien menacé d'expulsion (lire ci-dessous). La solidarité, c'e...

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« Pas d'Arnaud-Bernard sans Azzedine. » Des artistes peintres à la chorale civique, en passant par les cafés où s'est réuni le comité de soutien, la mobilisation a été massive pour cet Algérien menacé d'expulsion (lire ci-dessous). La solidarité, c'est l'image donnée ces dernières semaines par ce « quartier de l'immigration », selon le président du comité de quartier, Jean Vilotte.

Les migrants successifs, Espagnols, Portugais, Maghrébins ont forgé l'âme du quartier. Il suffit de s'y promener le dimanche matin pour s'en rendre compte. A deux pas de Saint-Sernin, « le bled » revit devant le comptoir d'Ali Bernard où s'alignent cafés serrés et thés à la menthe. Dehors, devant les boucheries halal tout se négocie : le DVD de Bollywood comme le kilo de pommes de terre. S'y organise également la collecte pour la construction de la mosquée du Mirail. Et sur la place, le tabac-presse est un des seuls du centre-ville à recevoir les journaux marocains et algériens.

« A Arnaud-Bernard, nous recevons le monde, d'Arnaud-Bernard nous parlons du monde », résume Claude Sicre, le chanteur des Fabulous Trobadors. La mobilisation autour d'Azzedine confirme cette mixité sociale mais en montre aussi les limites. La communauté algérienne a en effet informé tardivement le comité de quartier, pensant que ça ne l'intéresserait pas. Ici, on se côtoie mais se mélange peu. Chacune a ses lieux : il y a le café des Marocains, celui des Algériens, celui des étudiants. Dans les repas de quartier, « on ne retrouve pas toute la diversité de la population », regrette l'artiste peintre Joap Ramond.

Reste que le riche tissu associatif garantit une certaine mixité sociale et un dynamisme salué par la maire de quartier Jacqueline Baylé, satisfaite d'avoir des interlocuteurs « actifs », à défaut d'être dociles. Le prochain combat du comité de quartier : remplacer les bancs actuels de la place « où chacun se tourne le dos », par des bancs traditionnels « pour se voir et se parler ». Une autre tentative pour que la démocratie participative tant revendiquée s'ancre dans la réalité.

Marie Gasc