Hervé Dohin, la préparation au corps à corps

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Il met les joueurs du Quinze de France au tapis. Hervé Dohin, ancien champion de lutte, participe à la préparation de l'équipe de France de rugby en vue de la Coupe du monde. C'est à Marcoussis, centre d'entraînement des Bleus, que ce Toulousain de 45 ans dirige aujourd'hui sa première séance avec les quarante rugbymen retenus pour le Tournoi des six nations. « C'est un challenge excitant. Si je pouvais leur donner quelques trucs pour battre les All Blacks pendant la Coupe du monde... », plaisante ce professeur d'éducation physique à la faculté du Mirail. Avec son gabarit sec et ses allures de surfeur, que va-t-il bien pouvoir faire au milieu de quinze rugbymen ? « Nous allons travailler sur les contacts au sol, les pivots, les percussions. La lutte permet de comprendre le corps et son langage. Ce sport complète parfaitement le rugby », répond-t-il dans un flot de paroles. Car quand on le branche sur la lutte, il a du mal à s'arrêter.

Il commence à la pratiquer dès douze ans à Font-Romeu. Le futur athlète y suit une scolarité en altitude pour soigner ses problèmes d'asthme. Ils ne l'ont pas empêché de se forger rapidement un joli palmarès où figurent, entre autres, quatre titres de champion de France. Nommé conseiller technique régional dans la Ville rose, c'est ici que commence son flirt avec l'Ovalie. Grâce à la signature d'une convention entre les ligues de lutte et de rugby, il intervient au sport étude du lycée Jolimont, un des viviers des Rouge et Noir. Plusieurs clubs font ensuite appel à lui : Auch, Colomiers, Castres et bien sûr le Stade toulousain où il dirige tous les jeudis une séance avec les espoirs et forme les éducateurs à son sport. Mais il ne bichonne pas que les « gros » et les « gazelles », il se passionne aussi pour les jeunes et le concept de « lutte éducative ». « C'est une activité de communication non-verbale qui, si elle est bien enseignée, peut être très utile en milieu scolaire. Le tapis se transforme alors en théâtre », explique ce passionné d'écriture et de cinéma. D'où la création de l'activité « luttorugby ». Un mélange des deux sports destiné aux enfants des quartiers difficiles. Pour leur apprendre « à respecter le corps de l'autre ».

Simon Gleize